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HISTOIRE LE DEPART DES AVEYRONNAIS VERS PIGÜE

7 Décembre 2016 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #HISTOIRE EN AVEYRON

Dans les années 1880, la vie n'est pas facile sur le Ségala. à Bleyssol, près de Vabre-Tizac, Cyprien Fraysse a du mal à nourrir sa famille. Depuis quelque temps, sur les foires et marchés, on entend parler de ces aventuriers qui ont suivi Clément Cabanettes en Argentine… Ils achètent des terres à crédit, dans la région du ruisseau de Pi-Hué et vivent plus ou moins en communauté. On en parle aux veillées avec les voisins, certains sont emballés mais n'osent pas partir.

Quelques personnes de la commune de Vabre sont déjà parties, ou vont partir… Combettes, Phalippou, Vialadieu… Cyprien et son épouse Marie-Charlotte, que l'on appelle communément Rosalie, en discutent souvent. Rosalie hésite un peu, mais qu'a-t-on vraiment à perdre ? C'est décidé, on tente l'expérience ! Après avoir vendu leurs quelques biens, Cyprien, 46 ans, son épouse Marie-Charlotte, du même âge, quittent Bleyssol le 18 avril 1889. Ils sont accompagnés de leurs quatre enfants : Joseph-Julien, 16 ans ; Marcellin-Victor, 14 ans ; Casimir-Cyprien, 11 ans, et Léon, 7 ans. Ils arrivent à Bordeaux et embarquent sur le « San Martin » de la compagnie des Chargeurs réunis. D'autres passagers vont aussi tenter leur chance en Argentine, des agriculteurs comme eux, mais aussi des ouvriers, des mineurs… Si les enfants sont heureux de cette aventure, les adultes se posent beaucoup de questions. Et il y a le mal de mer… Après une escale aux îles Canaries, Cyprien et sa famille verront approcher les côtes du Brésil, puis ce sera une autre escale à Montevideo où se retrouvent plusieurs autres navires de la compagnie ainsi que des bateaux de guerre. Enfin, le navire approche de Buenos Aires et, le 18 mai 1889, un petit bateau à moteur débarque les passagers. Une nouvelle vie va commencer pour les Fraysse.

Tout n'est pas gagné ! Les plus riches vont dormir à l'hôtel, mais il n'y a pas beaucoup de chambres et c'est très cher. D'autres dorment à même le sol. Il n'y a pas de travail à Buenos Aires, pour en trouver il faut partir dans les campagnes. Ils rencontrent d'autres personnes qui, elles, découragées, repartent en Europe et qui leur disent de ne pas aller plus loin… Mais Cyprien sait qu'à Pigüé il y a beaucoup d'Aveyronnais et il veut savoir comment cela se passe pour eux.

Les Fraysse se mettent au travail… Les premières années sont difficiles, très difficiles même, dans cette Pampa sauvage. Et puis, à force de ténacité, de courage, de misères, c'est la réussite ! Du moins pour les Fraysse. Les quatre fils du couple ont travaillé d'arrache-pied avec Cyprien pour faire valoir les terres qu'ils avaient pu acheter. Il y a toujours des descendants de ces Fraysse en Argentine, les prénoms ne sont plus aveyronnais, c'est Marcelo, Fernando, Martina ou Bautista, mais c'est toujours des Fraysse ! Bien que beaucoup d'entre eux ne soient jamais venus en France, ils ont dans le cœur ce petit coin d'Aveyron où sont nés leurs ancêtres.

Peut-être, un jour, viendront-ils jusqu'à Bleyssol !

 

La Dépêche

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