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Histoire de la découverte de Montpellier-le-Vieux sur le Causse Noir

20 Septembre 2014 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #LE SUD AVEYRON

 

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Le causse noir est en tout cas le plus pittoresque de tous les causses et le plus riche en curiosités, grâce à la grotte de Dargilan, aux Corniches de la Jonte et aux « villes de rochers » qui comptent parmi les plus remarquables du monde entier : Montpellier le vieux, Roquesaltes, le Rajol, Madasse…

Montpellier le vieux tient la tête. Voici son histoire. De 1880 à 1882, Mr de Barbeyrac fit, d’après de vagues indications, quelques tentatives prélimaires sur la mystérieuse cité, avec MM de Riencourt, Joseph de Malafosse et Louis de Malafosse. En 1883, ils opéraient la première visite sérieuse, partielle cependant ; alors Mr Louis Malafosse révéla officiellement Montpellier le vieux dans le bulletin n° 8 de la Société de géographie de Toulouse, tandis que Mr de Barbeyrac adressait un article anonyme au journal l’Eclair de Montpellier. En 1884, Mr Chabanon et moi nous vinmes photographier la ville et en reconnaître les principales parties ; d’autres photographies suivirent, Julien de Millau…

Plusieurs raisons avaient laissé ce site ignoré des promeneurs et des géographes : d’abord, les murailles qui lui servent de soubassement, de piédestal, ne diffèrent en rien des remparts analogues des canions du causses ; des rives de la Dourbie on ne pouvait supposer l’intérieur des dolomies aussi capricieusement évidé ; les habitants d’alentour avaient peur de cette espèce de ville morte ; la superstition leur montrait là une cité maudite, démolie par le diable et hantée par les mauvais génies ; avec terreur ils s’en approchaient pour quérir leurs chèvres ou couper du bois ; ils se gardaient bien d’en parler aux étrangers, qu’ils n’y eussent conduits à aucun prix.

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Enfin, jusque vers 1870, Montpellier le vieux était une épaisse forêt presque impénétrable : les loups en avaient fait leur repaire. Le vieux père Robert (mort en 1887), du Maubert, m’a conté que, plus d’une fois, les soirs d’hivers, il avait vu, des fenêtres de sa ferme, leur yeux ardents briller sur la neige, et que les bergeries alors avaient besoin de portes solides. Depuis, des coupes réglées et l’exploitation ont dégagé ces beaux rochers, et les loups ont disparu.

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L’étymologie du nom est la suivante : frappés par la disposition  artificielle et architecturale des rochers, les pâtres les comparèrent  à ce qu’ils avaient vu dans les édifices du chef-lieu de l’Hérault, pour eux la cité par excellence ; de là vint la dénomination de Montpellier, à laquelle l’idée de ruine, de destruction, fit joindre l’épithète de le vieux .

La comparaison  fut d’autant plus spontanée que le surnom patois de Montpellier est  «lou clapas » ce qui veut dire tas de pierres

Aussi les bergers transhumants du bas Languedoc qui viennent l’été, sur le Larzac, apercevant de loin l’immense « tas de pierres», le baptisèrent-ils «  Montpellier-lou-Viel ».

Il existe beaucoup de phénomènes analogues, Nîmes le Vieux, le cirque de Mourèze dans l’Hérault. Mais là s’arrête la ressemblance car Montpellier-le-vieux a des abrupts de 100 mètres. En outre, il est situé, au sommet d’un plateau, tandis que Mourèze est confiné dans une creuse vallée, et que Nîmes-le-vieux sont étendus sur un plateau.

Mr de Malafosse a dit : «  Tout cet enchevêtrement de rues, de voûtes, de cheminements, de saillies sur corniches, tantôt se croisant à angle droit comme une ville tirée au cordeau, tantôt formant un vrai labyrinthe où l’on erre quelquefois avec un grand embarras, tout cet ensemble, comme ces détails, ne peuvent se décrire »

   

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A l’extrimité d’une croupe qui s’effile depuis le Maubert, une sorte de forteresse central, porte trois grands rocs : le Corridor (823m), la Ciudad (830m), le Douminal (829m).

Cette « Citadelle », commande quatre dépressions ou cirques irréguliers, allongés sur son pourtour, et séparés parde hautes crêtes saillantes.

Le Lac à l’est, les Amats au sud-ouest,les Rouqettes au Sud, la Millières à l’ouest. Il y a encore vers le sud-est une annexe dans l’étroit cirque de la Citerne.

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Une circonvallation générale, entourant les cinq cirques comme un véritable rempart, est constituée par les falaises dolomites du  Causse Noirà 300-400 mètres au dessus de la Dourbie. Entre le Valat-Nègre et le Riou-Sec, qui forme avec celle-ci les fossés de la place, quatre ravins entaillent la déclivité raoide du Causse Noir : le Doul, le Canazels, la Combeet les Bouxès, les trois premiers, affluents de la Dourbie ; le quatrième, tributaire du Riou-sec ; chacun de ses torrents, presque toujours à sec, prend naissance dans un des cirques respectivement la Millière – les Rouquettes – les Amats – le Lac.

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Le cirque le Lac avec les rochers  «  l’Amphore »,  « la Cathédrale »…le second cirque les Amas  avec  « la Porte de Mycènes », « le Sarcophage », « le roc del Gorp » (le corbeau) . On montera sur la terrasse-rempart de la Moussande au pied du Château Gaillard, par-dessus la crête suivante, le chemin débouche dans le cirque les Rouquettes. Sa comparaison avec un amphithéâtre romain n’est plus à faire. Il mesure 500m sur son grand axe et 2m sur le petit, avec 124m de profondeur jusqu’au sommet de la Ciudad. Un large gradin, en fait le tour.

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Une large brèche est ouverte au sud du cirque des Rouquettes. Toute la paroi de ce côté est détruite, comme si la pression de l’eau l’avait précipitée de 320 mètres dans la Dourbie.

On sort du cirque par le sud-ouest en montant un peu vers un col qui mène au cirque la Millière avec la rue des Tombeaux, vers le centre la grande « Basilique » renferme les plus beaux pins des cinq cirques, l’« Echiquier » est au bout des dernières rues avec tour, fou et cavalier.

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 A l’est un aven, Montpellier le vieux possède « ses abîmes » ayant contribué à la disparition des eaux qui l’ont sculpté.

Un dernier coup d’œil pour embrasser tout le le  « plan en relief » de Montpellier-le-Vieux, et alors …on comprendra.

 Par la rue du Corridor on regagne le Maubert. Mais avant d’entrée dans la rue, un dernier coup d’œil pour embrasser tout le le  « plan en relief » de Montpellier-le-Vieux, et alors …on comprendra.

  Texte tiré du livre Causses et Gorges du Tarn de E.-A. MARTEL

Imprimé à Millau en 1926

 

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