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Articles avec #les paysans aveyronnais tag

Présentation du livre L'aveyron, au temps de la terre 1950 -1960

9 Juin 2016 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #LES PAYSANS AVEYRONNAIS

L'Aveyron, au temps de la terre

Article de Médiapart 

mon commentaire:

Je vous conseille l'achat de ce livre que l'on m'a offert à Noël. Histoire de paysans mais aussi d'artisans, commerçants et fonctionnaires ce qui les relie la terre et leur  terroir.

 bonne lecture

 

Les photos ci-dessous ont été prises au milieu du siècle dernier. Elles donnent la mesure du bouleversement de la France en 60 ans. Sélectionnées parmi un fonds d'archives de plus de 1 300 clichés signés de ce photographe renommé de l'après-guerre, elles sont extraites du livre L'Aveyron, le temps de la terre, 1950-1960, photographies de Jean Ribière, paru aux éditions du Rouergue, les longues légendes très érudites qui les accompagnent en faisant aussi un véritable livre d'histoire.

                
              
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01

Au marché aux bestiaux de Villefranche-de-Panat. Un paysan mène sa vache. Sur le parking, uniquement des fourgons et 2CV Citroën, véhicules à tout faire de la France des années 1945 à 1970.

 

 

02

Sur la route de l'école. Les enfants font quelques kilomètres à pied pour se rendre en classe. Culottes courtes et blouses de rigueur, galoches aux pieds pour l'un, la gibecière et sans doute aussi la gamelle du repas de midi en bandoulière.

 

 

03

Publicité. Aux environs de Roquefort et même plus loin, le long des routes ou dans les villes, des panneaux publicitaires peints à la main « font la réclame » du fromage régional.

 

 

04

La lettre. Le facteur vient apporter le courrier dans les champs de l'Aubrac.

 

05

Charrette à foin, dans la région d'Estaing. L'agriculteur, juché sur le chargement, conduit les bêtes à la voix et parfois à l'aiguillon.

 

 

06

Une voiture à l'abri. C'est assez rare pour prendre la pose : les hommes de la famille posent pour immortaliser l'acquisition d'une voiture, une Peugeot. Même le chien est installé sur le capot.

 

 

07

Messe en plein air, 15 août 1961, Sauclières. Le socle de la croix sert d'autel à la célébration. Derrière le prêtre et les enfants de chœur, toutes les femmes portent un foulard : pas question d'assister à une messe tête nue.

 

 

08

Le crieur de Saint-Côme-d'Olt. Le crieur public est un employé municipal chargé de faire connaître à la population différentes informations : dates des réunions du conseil municipal ou des prochaines fêtes, arrêtés, coupures d'eau ou d'électricité. Ces fonctions sont en général réservées à des hommes qui ont eu des problèmes de santé. Celui-ci a perdu son bras gauche, vraisemblablement durant la guerre 14-18. Son tambour est aménagé d'un petit moulinet qui agite les deux baguettes.

 

 

09

Sur un marché aux bestiaux. Le personnage de gauche est le marchand, reconnaissable à sa grande blouse aux nombreuses poches. Celui de droite tient une longe repliée à la main, signe qu'il a vendu sa bête. L'achat des animaux se fait en espèces, sans facture.

 

 

10

Procession de Saint-Fleuret, à Estaing. Micheline Ribière, journaliste et femme du photographe, appelait ces enfants « les petits curés de l'ancien temps ». Ils passent devant l'affiche annonçant les fêtes de Saint-Fleuret de 1956.

 

11

Une piqueuse de Millau. Dans un atelier de gantier, une ouvrière, payée à la pièce réalisée. Le pouce du gant, coupé séparément, nécessitait à l'assemblage une certaine dextérité.

 

12

1946. Jean Ribière, devant sa moto, consulte une carte de la région. Jean Ribière, photographe des années 1940-1980, avait créé sa propre agence et vendait ses reportages à L'Express, L'Aurore, Paris Match. Il a séjourné à plusieurs reprises dans l'Aveyron, s'intéressant en particulier à la vie rurale et aux petits métiers. Sa femme, Micheline, se chargeait d'écrire les textes de leurs reportages.

07/12/2012, 21:08 Par Justin Bessou
en réponse au commentaire de gérard jacquemin le 07/12/2012 à 16:03

Ce cliché (n°12) ne me paraît pas correspondre à un paysage aveyronnais (Terrain plat -pas vraiment le cas le plus fréquent dans l'Aveyron; vigne, cyprés et, semble-t-il, mûrier au premier plan: les vignes occupent essentiellement des "parédons" (prononcer parédous) ou culture en espalier à flanc de collines, comme à Broquiès, Marcillac ou au Fel...

Par ailleurs il s'agit de Jean Ribière et non Rivière comme indiqué dans la légende; ce détail n'enlève rien à la qualité habituelle des Editions du Rouergue.

Ces photos (nous parlons ici de la décade 1950-1960) m'ont également fait penser:

à Doisneau,  à Depardon aussi (la façon de "voir" les paysans); d'ailleurs le terme de paysan est ici particulièrement juste tant les paysans appartenaient (eh oui, je parle au passé) à cette terre, à ces paysages; il faut immédiatement penser au travail sans fin qu'ils accomplissaient, surtout dans des exploitations (essentiellement familiales) comportant agriculture et élevage (et donc 365 jours de boulot), avec les outils de l'époque (de nombreuses communes n'ont connu leur premier tracteur qu'après 1953-1955); et cela par tous les temps...

Evidemment, comme rappelé ci-dessus par Aphonse13, on ne peut pas ne pas penser à Georges Rouquier et à Farrebique (que j'ai photographié il y a quelques années -Il y a maintenant un Espace G. Rouquier à Goutrens)...La référence à "Al Canton" de Métaldesign s'impose également: ce travail remarquable de recueil de la  mémoire des habitants, mené pendant plusieurs années,  s'est concrétisé par une édition d'un superbe document par canton (textes, photos, chansons, langue occitane avec ses variantes locales, etc)...

Ces photos, outre leur aspect nostalgique évident mais où il faut éviter de barboter trop longtemps (!) nous parlent d'abord des hommes et de leur histoire:

- le travail, rude, avant tout: la traction animale, beaucoup d'efforts, de gestes... avec des outils dont on trouve aujourd'hui quelques exemplaires, pas toujours ergonomiques, dans divers musées locaux... A l'occasion, il faut observer comment ils sont perçus par les visiteurs; rares sont ceux qui peuvent évoquer leur usage!... ni imaginer le paysan travailler en chantant ou en sifflant!

- les pélerinages: l'omniprésence des curés -trés nombreux- qui exerçaient leur pouvoir en toutes circonstances: outre leur offices et autres rites quasi obligatoires, ils passaient même dans les fermes bénir animaux et cultures (la bénédiction -qui tombait au moment du repas: tiens, tiens!- était censée protéger des aléas de la météo!  Et bien sûr les pélerinages destinés entre autres à guérir de certaines maladies (St Blaise versus la teigne, Saint Clair pour ceux qui ont des problèmes de ... vue!). Il existe toujours un pelerinage dédié aux animaux: St Meen, dans le Sud-Aveyron...  On peut trouver des détails dans un des Guides publiés par Daniel Crozes -voir gougueule- ...

... Aujourd'hui, 50 ans après, le paysan ne me paraît pas avoir le même rapport tant affectif que physique avec la "terre". 50 ans et deux générations, la mécanisation, des remembrements, le Crédit Agricole et les politiques agricoles avec leurs traitres (Fnsea...), les subventions...

Les paysages eux-même ont évolué (Ici  un champ de 15 ou 20 ha de maïs où il y avait 40 parcelles muticolores de polyculture dans la décade 1950-1960...); où sont passés bergers et troupeaux de brebis dans le bassin de Roquefort?... Des bâtiments quasi uniformes (parpaings,tôles) agricoles immenses supplantent les particularités liées à chaque région (les "jasses" de grés rouge du Camarès, les bergeries du Larzac, les granges du Lévezou... avec un savoir faire autour de la construction en pierres). 

Il reste certes encore dans les échanges des expressions occitano-aveyronnaises (au point de faire l'objet d'un index à la fin de certains livres propres à la région) ....Pour combien de temps? Et certaines scènes du passé (tel le battage) ne sont plus que "jouées" dans des fêtes locales...

Dans la cabine de son tracteur (climatisée? insonorisée? avec un bar? Internet et webcam?...), avec sa solitude, le paysan de 2012 travaille la terre....       

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