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Pêches clandestines sur les rives du Tarn

14 Août 2015 , Rédigé par Gite l'oustal de saint juéry Publié dans #PECHE EN AVEYRON

 

La luminade, il s'agit d'une pratique de pêche qui avait cours sur le TARN jusque dans les années 50, pratique ancienne donc, prolifique mais clandestine qui s'exerçait en barque, par nuits totalement noires et qui consistait à attraper le poisson et notamment les truites en les attirant par la lumière. Grâce à un feu entretenu à l'avant de la barque dans une vieille poêle à frire où l'on brûlait des brandons de résine en surplomb de la zone à éclairer afin d'attirer les truites subjuguées par la lumière et qui étaient harponnées à la fourchette munie de plusieurs dents acérées.

 

Mieux valait alors échapper à la surveillance de la maréchaussée qui traquait les braconniers pratiquant cette pêche à la lumière totalement interdite. Il me souvient dans mon jeune âge avoir été témoin d'altercations pour ne pas dire d'empoignades entre "luminadiers" et gendarmes qui, depuis la rive, étaient le plus souvent impuissants à interpeller les contrevenants. Mais point n'était besoin pour les forces de l'ordre d'identifier les pêcheurs de lumière qui avaient tôt fait de s'esquiver à bord de leur barque savamment guidée par un perchiste au cours d'une progression silencieuse qui les mettait hors de portée, le plus souvent en toute impunité .

 

En effet "perchiste", "chauffeur" et "harponneur" qui composaient ce singulier équipage étaient le plus souvent connus de la brigade et, à défaut de flagrant délit, en étaient quitte dès le lendemain pour une sévère remontrance nullement dissuasive d'ailleurs.

 

 

Pêches clandestines sur les rives du Tarn

Une autre pratique tout aussi illicite que la précédente faisait appel à l'épervier, filet lesté de plomb, retenu par une corde dont le lancer à la main demandait une certaine habileté. En fin de journée, un coup d’épervier en deux ou trois « coins » tenus appâtés et le repas du soir était assuré.

A la tombée de la nuit, il n’était pas rare de voir sur les bords du Tarn des personnes en train de placer des cordes. La « corde » est un simple fil solidement amarré à la rive, terminé par un hameçon, avec un gros ver de terre. On retrouvait les mêmes à la pointe du jour, pour récupérer les prises de la nuit, truites…

Pêches clandestines sur les rives du Tarn

En été, à la nuit tombée, vous pouviez apercevoir un groupe de 3 à 4 personnes avec un grand sac de jute sur les rives du Tarn. Un coup d’œil aux alentours, et les deux autres s’affairaient à sortir un filet de pêche d’une dizaine de mètres, le « Trémail », le quatrième se mettait à l’eau et nageait vers le milieu de la rivière en tenant un bout du filet. Ainsi tendu, les uns sur le bord et le nageur à l’autre bout, ils descendent la rivière sur une trentaine de mètre, dans les derniers mètres le nageur revient doucement vers le bord de la rive en formant une boucle. Il ne restait plus quand sortir avec précaution le filet et retirer des poches du filet les dizaines de truites.

Tout l’art consisté à ce que le filet ne se prenne pas dans les rochers ou des objets acérés au fond de l’eau. C’est pourquoi le nageur faisait une inspection l’après-midi pour déterminer le lieu de pêche. Le lendemain le filet séchait dans le grenier à l’abri des regards, l’opération de réparation des mailles du filet pouvait commencer. Ce type de filet avait la maille réglementaire de 27mm.

Pêches clandestines sur les rives du Tarn

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