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Castelnau de Montmiral Tarn

21 Septembre 2013 , Rédigé par Gite l'oustal de saint juéry Publié dans #LE TARN

Texte de LA CLEF DE VOÛTE.

Fièrement juché sur son éperon rocheux, le village de Castelnau-de-Montmiral est un véritable guet d'observation. Le village dont le nom signifiait à l'origine "le mont d'où l'on voit" connaît au Moyen-Âge, un essor remarquable et voit s'édifier un château seigneurial doublé d'une imprenable forteresse.

C'est Raymond VII, dernier Comte de Toulouse d'origine occitane, qui ordonna la construction de la bastide dans les années 1220. Il octroie aux habitants privilèges et franchises afin d'inciter au peuplement du nouveau village : permission de paçage dans la forêt proche, exemption de péages dans l'Albigeois, etc. La fondation de Castelnau-de-Montmiral permet au Comte de Toulouse de regrouper les populations et ce, afin de mieux les contrôler économiquement, politiquement et juridiquement. Qui plus est, il bénéficiait aussi de l'aide des villageois pour défendre cet emplacement stratégique et entretenir murailles et appareils défensifs.

Pendant la Guerre de Cent Ans, les anglais conduits par le prince Noir, envahissent l'Albigeois en 1345. Ceux-ci se retireront sans oser attaquer la ville. Pendant les guerres de religion, Castelnau-de-Montmiral n'adhère jamais au protestantisme et accueille les catholiques de Gaillac, qui ont été chassés de la ville par les protestants majoritaires. En janvier 1587, une attaque du capitaine protestant Bruniquel est repoussée. Selon la légende une femme revenant de puiser l'eau à la fontaine du Théron aurait donné l'alerte, contraignant les assaillants à une retraite précipitée.

L'ancien Château du Guet occupait tout le promontoire ouest du village et formait avec les différents bâtiments seigneuriaux un quadrilatère de 40 m protégé côté cité par un pont-levis ainsi qu'une porte fortifiée surmontée par une tour de 17 m de haut. Mal entretenu dès le XVIIIe siècle et ayant servi aux habitants pour récupérer des blocs de pierre taillée, il sera détruit en 1819.

L'église Notre-Dame de l'Assomption est édifiée sur les bases d'un premier bâtiment construit en 1300 et agrandi un siècle plus tard. Le portail et le clocher ne lui furent ajoutés qu'au XVe siècle. L'église conserve aussi quelques éléments d'origine ; le sanctuaire polychrome, deux chapelles et quelques fenêtres en ogive trilobée. Le clocher de forme carrée avait à l'origine dix toises de hauteur. Il était surmonté d'une flèche en charpente recouverte de tuiles qui s'achevait à 27 m de haut par un coq en fer forgé.

À l'intérieur de l'église, les fresques du plafond représentent des scènes bibliques de la vie de la vierge. On peut aussi admirer, outre une piétà polychrome du XVe et une statue dite du "Christ aux liens", un trésor remarquable. Celui-ci est constitué par la croix reliquaire des comtes d'Armagnac, appellée aussi croix de Montmiral, sur laquelle brillent, depuis le XIIIe siècle, plus de 200 pierres précieuses et semi-précieuses. Elle abrite un fragment de la croix et attire pour une procession, chaque Vendredi saint, de nombreux croyants.

La richesse architecturale de la période médiévale est encore visible en grande partie aujourd'hui. La place des arcades située au centre du village est entourée de couverts et de maisons sur arcades. Les supports sont constitués de piliers de bois ou de pierre mais aussi de colonnes de pierre. Le bois, la brique et la pierre se mêlent sur les façades. Au XVe siècle de nouvelles constructions sont bâties en pierre mais elles ne remplacent qu'en partie les colombages primitifs. Deux belles demeures datées de 1630 et 1634 y sont construites. Les rues et ruelles où se mêlent maisons de pierre et maisons à colombage ont fait l'objet d'une restauration soignée, respectueuse de l'esprit des lieux.

Une partie des fortifications du village a été conservée ainsi que la porte des Garrics. Cette porte, faisant face à la route de Gaillac, est un bel exemple d'architecture militaire du XIIIe siècle. Une des demeures les plus riches du village au XVIIe siècle, la maison de Tonnac, reçut Louis XIII le 24 juin 1622 alors qu'il venait d'assister à la reddition de Saint-Antonin-Noble-Val. C'est également le lieu d'habitation de la célèbre famille Privat.

Et enfin, en montant au promontoire du Pechmiral, ancien lieu de procession où est érigée une statue de la Vierge, on a un magnifique panorama sur la forêt de la Grésigne, l'Albigeois, le Carmausin et les premières hauteurs de l'Aveyron.

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