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Vie rurale en Rouergue vers 1800

18 Février 2016 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #HISTOIRE EN AVEYRON

le four à pain 

 

Au XIXe siècle le paysan rouergat ne connaissait pas d'autres horizons que ceux, familiers, de ses plateaux et de ses vallées. De même il n'imaginait pas d'autres rapports sociaux, d'autres valeurs morales que ceux qui régissaient sans exception l'exis­tence de chacun. Tout individu qui transgressait les règles de ce milieu rural fermé se mettait par le fait même au ban de la société. Il en était ainsi des malheureuses filles-mères, des enfants naturels ou abandonnés, que leur faute ou leur naissance condamnait leur vie durant à la condition de domestique de ferme.

 

De même les individus extérieurs à la communauté rurale traditionnelle rencontraient un accueil réservé, notamment s'ils affichaient un mode de vie nouveau. On le vit bien dans le Bassin Houiller où l'introduction de la vie ouvrière et l'immi­gration de mineurs venus d'autres régions françaises ou de l'étranger provoqua de constantes frictions avec la population rurale locale.

 

Mais la société paysanne donne un sentiment de sécurité. Chaque famille, chaque individu se voient reconnaître une place propre par le voisinage. Le petit agriculteur n'a que de maigres revenus, mais personne ne conteste sa dignité s'il est un homme honnête.

Des siècles de dur labeur et de vie en commun avaient abouti à l'élaboration de coutumes et de valeurs morales qui maintenaient une harmonie certaine dans les rapports sociaux.

  

Chacun à sa place jouait un rôle indispensable dans la vie de la communauté rurale. Le journalier vivait modestement de son travail chez des voisins plus aisés; les grands propriétaires appréciaient à leur juste valeur ces services sans lesquels les grands domaines n’auraient pu être cultivés. Ils n'hésitaient pas à doubler le prix fait à leurs moissonneurs Si l'orage menaçait et qu'il faille continuer à abattre les javelles pendant la nuit.

Finalement les Rouergats du siècle dernier donnent l'impres­sion de gens heureux malgré la modestie de leurs ressources et la dureté de la besogne. Tous les observateurs de la vie rurale ont pu noter une évidente joie au travail. Le paysan indépendant, le valet de charrue chantaient en poussant leur attelage. Les équipes de faucheurs, de moissonneurs ou de vendangeurs emplissaient la campagne de leur bonne humeur. D'ailleurs cette société rurale n'a-t-elle pas créé un riche folklore de danses et de chants que nos campagnes contemporaines sont incapables de renouveler et qu'elles oublient même très vite?


Extrait de " La vie quotidienne en Rouergue avant 1914" de Roger BETEILLE (Edition Hachette Littérature)

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Compagnie Littéraire 17/06/2016 16:04

Bonjour, nous avons publié en ligne un extrait d'un ouvrage sur l'Aveyron du XIXe siècle (La Sylvestresse - Marie Brunel) paru chez nous. Pour illustrer l'extrait nous avons emprunté votre image, mais comme il n'y a pas de source, nous avons mis un lien vers cet article. Nous espérons que vous n'y voyez pas d'inconvénient. Bien cordialement,
http://www.compagnie-litteraire.com/lextrait-du-vendredi-17-juin-2016-la-sylvestresse/

Amanieu 21/05/2012 09:33


Bonjour j'aimerai savoir qui est l'auteur de la photographie du four banal? Merci d'avance.