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Pressoir à levier de Plaisance Aveyron

30 Janvier 2016 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #LE SUD AVEYRON

 

pressoir-a-plaisance.JPG

                    Photo Montginoux Texte site internet de Plaisance

 

 

Le monumental Pressoir à levier du 18°siècle Ce pressoir est exposé à l'entrée du village contre une des façades de la salle polyvalente .

 

ORIGINE DU PRESSOIR

Il existe plusieurs types de pressoirs traditionnels dont le pressoir à levier et le pressoir à vis centrale. Tous deux étaient déjà connus et utilisés dès l'antiquité. A partir du 18 ° Siècle , le second reçut de nombreux perfectionnements techniques, c'est celui qui fut le plus souvent utilisé dans notre pays. Cet exemplaire de pressoir à levier que vous pouvez admirer est donc plutôt rare, surtout dans cet état de conservation. Il date probablement du 18 ° siècle et se trouvait sur la propriété de Mr Bonnet à Frayssignes. Une exploitation qui possédait au début du 20 ° siècle près de 3 hectares de vignes. Le pressoir est construit en bois de chêne pour le levier et les montants verticaux, en châtaignier pour la poutre horizontale. La vis est en noyer.

 

FONCTIONNEMENT DU PRESSOIR

Le marc est déposé dans la maie , plateau horizontal incliné sur le côté avec une goulotte à son extrémité pour laisser écouler le vin dans la comporte. Il est disposé de façon à ce qu'il ne chasse pas et pressé à l'aide d'un plateau lourd, le manteau , qui s'abaisse progressivement en l'écrasant. Le levier est la pièce maîtresse du pressoir. Poutre horizontale de 5 m de long, tenu par les montants verticaux , il s'abaisse en pesant sur le manteau. Il est en prise avec la vis grâce à un écrou de bois fixé à son extrémité. Le bras de serrage actionne la vis grâce à la poussée de deux hommes. L'ensemble du bâti est maintenu stable, et lié, à sa base, par une énorme poutre de 60 cm de section. Outre le poids de la poutre pour écraser le marc, était utilisé le principe du levier : Les cales de bois , après avoir été enlevées afin que la poutre pèse sur le marc, étaient disposées dans les mortaises supérieures, ce qui produisait une pression plus ou moins forte aux différents moments du travail.

 

pressoir-plaisance.jpg

 

LE VIN ET LE PRESSOIR

Les vendanges avaient lieu dans notre région au début du mois d'octobre. Les raisins récoltés étaient foulés puis versés dans une grande cuve en bois : le foudre ou baïssel . La fermentation va commencer et durer une dizaine de jours. Le moût ou jus de raisin s'est alors transformé en vin qui est soutiré et stocké dans les barriques. Ce vin est appelé vin de goutte. Les matières restantes (grappes, peaux et grains) appelées marc ou raque sont sorties de la cuve et portées au pressoir. Encore imprégnées de vin, ces matières sont alors disposées sur le plateau du pressoir puis pressées lentement; il s'en écoule le vin de presse : un vin âpre et vert de moindre qualité que le vin de goutte mais renfermant plus de tanins.

 

La tradition de la vigne à Plaisance

La vigne était implantée dans la Vallée du Rance depuis des siècles. De nombreux documents font état d'un commerce important concernant la production viticole dans les environs de St Sernin aux 18° et 19° siècles. Cette implantation s'étendait depuis St Sernin jusqu'au confluent du Rance sur la commune de Labastide-Solages. La culture était effectuée en terrasse sur des versants abrupts dominant le Rance, exposée Sud - Sud-Ouest et sur une terre légère, voire parfois caillouteuse. Sauf exception, la vigne a aujourd'hui disparu du paysage. Mais ce pressoir atteste pourtant de l'importance de cette culture dans le pays.

 

SUR LA TABLE

Le vin était, il y a peu, consommé à table mais aussi partout où l'homme accomplissait des travaux de force. Il n'était pas rare de voir des personnes absorbant 3 voire 5 litres de vin par jour. Il faut cependant préciser qu'il s'agissait d'un petit vin titrant autour de 8 degrés d'alcool. Lors des travaux des champs : fenaisons, moissons, labours........On faisait suivre la pinte (bouteille), d'une contenance de 2 ou 3 litres.Au village de Plaisance, c'était pratiquement l'unique boisson des cafés de l'époque ; dans les années trente, on en comptait une dizaine pour une population de 800 habitants !

 

 

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jean christophe 31/01/2016 19:37

Bonne question , je vais me renseigner.

Régis 30/01/2016 20:47

Je pense n'avoir pas compris comment fonctionne ce pressoir. La quantité de raisin qu'on peut potentiellement déposer sur la maie me paraît absolument ridicule. Quel était l'avantage de ce modèle par rapport à un pressoir à cuve habituel ?