Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les légendes et histoires à propos de l'Abime de Bramabiau

5 Juillet 2017 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #CONTES et LEGENDES

           Les légendes et histoires à propos de l'Abime de Bramabiau 

 

ABIME-DE-BRAMABIAU.jpg

 

Cela commence avec la rivière du Bonheur qui disparait sous le causse  engloutie dans une grotte, cela se termine comme une bucolique,  dans un cirque grandiose. Ainsi nommé à cause des grondements qu'éveille une cascade souterraine et que des parois abruptes répercutent dans une gorge sauvage.
L'auberge du Bonheur, André Chamson en a fait un roman, mais c'est une anecdote de terroir, un de ces récits où la vérité historique se mêle si étroitement à la légende qu'il n'est plus possible d'en dessiner les contours.
Cela se passait après la chute de l'Empire. Un bel officier des armées de Napoléon s'en revenait de guerre.


Il coucha à l'auberge du lieu où il se lia avec la fille du médecin. Hélas leur idylle ne dura pas.  Les royalistes de la contrée voulurent faire un mauvais parti au demi-solde. A la faveur du tumulte,  celui-ci leur échappa et se réfugia dans la grotte. La fille du docteur supplia son père de la conduire auprès de son amant, et le médecin qui connaissait la caverne y consentit. Il amena la jeune fille auprès du fugitif et les conduisit même dans un prolongement connu de lui seul, promettant de venir les rechercher lorsque la fureur des villageois se serait apaisée. Mais le destin en avait décidé autrement. Le jour même, le cheval du docteur fit un écart et le malheureux praticien se tua en tombant. Les amants de l'abîme, incapables de retrouver seuls le chemin vers le jour, ne ressortirent jamais de leur ténébreuse retraite.

 

l-abime-de-bramabiau.jpg

Des canards plumés

La communication entre la perte et la résurgence ne fait aucun doute, c'est même une évidence dont le  folklore s'est emparé :
On raconte  que des canards emportés par le Bonheur à la perte, furent récupérés dans le cirque, mais " tout plumés tant est forte la violence du courant là-dessous ! ".
Aussi la circonspection est-elle grande chez les villageois lorsqu'ils approchent de ce monde terrifiant qui passait autrefois pour être le lieu de tous les drames...
NDRL : Je peux vous dire qu'il y a là beaucoup d'exagération, et que si le passage sous terre de plus de 500 mètres de longueur sur 83 mètre de dénivellation est impressionnant,  il n'y a pas de danger particulier à la condition toutefois de garder ses distances... avec le Bonheur, surtout lorsqu'il est de mauvaise humeur !
C'est en 1888, lorsque E.A. Martel, le 20 juillet, décida de suivre le Bonheur dans son parcours souterrain, que les gens émirent de sérieux doutes sur son état mental... Et la surprise fut si grande lorsqu'il réapparut à la sortie, au sommet de la cascade, avec son équipe particulièrement hétéroclite que la population exigea qu'un procès-verbal de ce véritable exploit fût établi en mairie pour authentifier les faits.
N B : la portée scientifique de cet exploit ne fut pas moindre puisqu'elle aboutit à la célèbre loi du 5 février 1902 sur la contamination microbienne des sources,  loi encore en vigueur de nos jours en matière d'hygiène publique .
Je ne vous ai pas dit de quel site magique il s'agit, ce n'est pas un oubli de ma part, mais simplement l'envie de vous faire participer à l'aventure au Pays des Sources et je ne doute point que vous allez rapidement trouver.

interieur-de-l-abime-de-bramabiau.jpg

Notons enfin pour les amoureux de la Préhistoire que cette caverne fut habitée à l'époque dite par les spécialistes du "Néolithique" et du "Chalcolithique" ou Age du Cuivre, soit environ 2500 ans avant notre ère.
La " Grotte des Morts " étaient alors utilisée en tant qu'habitat, dans sa partie spacieuse, et en tant que lieu sépulcral, dans ses couloirs bas et étroits .
Fait probablement unique dans les annales de la préhistoire, "On pense que nos lointains ancêtres se sont amusés sous terre, ou bien qu'ils ont sacrifié à quelque rite initiatique : à quatre reprises, au moins, ils ont sauté à pieds-joints jusqu'à un mètre cinquante de hauteur, pour se réceptionner dans l'argile plastique où leurs empreintes sont étonnamment nettes ! En un endroit, un adulte a sauté sur un seul pied ! Il y a de cela probablement plus de quatre mille ans... "
Daniel ANDRE 1993 .

 

 

Partager cet article

Commenter cet article