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le village de Belcastel et son Chateau - La route des Seigneurs du Rouergue

13 Septembre 2014 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #LA ROUTE DES SEIGNEURS DU ROUERGUE

 

Publiée le  3 mai 2012 par

 

 

Dès la fin du Xe siècle, les seigneurs de Belcastel érigèrent leur forteresse, non pas comme un simple joyaux couronnant fièrement une colline, mais plutôt comme une manifestation de leur puissance et un solide moyen de défense. Si le château connut maintes petites escarmouches, comme il y en eut parfois suite à des querelles de terre entre nobles, il fut aussi le théâtre d'affontements plus sanglants.

La Croisades des Albigeois signa le premier d'entre eux, au XIIIe siècle. Cette guerre donna lieu à deux campagnes d'une extrême violence contre les Cathares, une secte chrétienne égalitaire qui fleurissait alors en Languedoc. L'anéantissement de ces derniers mit fin au règne des premiers Seigneurs de Belcastel, en particulier lorsque le Roi confisqua tous les biens des nobles ayant apporté soutien au Catharisme. Conséquence directe, le château de Belcastel confisqué par la Couronne servit de bastion militaire.

En 1386, le château fut offert à un fidèle et vaillant chevalier, Guillaume II de Saunhac, en remerciements de ses bons et loyaux services. Au XVe siècle, Alzias de Saunhac, fils de Guillaume II, le rénova et fit ouvrir de larges fenêtres à meneaux, laissant entrer la lumières. Alzias redonna vie au village en faisant ériger le magnifique pont sur l'Aveyron ainsi que l'église située sur la rive opposée. Ce petit joyau d'architecture, élevé en un temps où la rudesse romane cédait la place aux hardiesse du style ogival, permit aux habitants du village d'entendre la messe dans un sanctuaire accueillant, en place de la chapelle basse du château, obscure, humide et malsaine.

L'attachement de Alzias au village dont il considérait les habitants comme des frères et non comme des manants, se manifesta par son souhait d'y être inhumé à l'expiration de sa vie. Dans l'église, son tombeau est placé dans un enfeu décoré de ses armes, qui sont également sculptées sur la clef de voûte. Une statue le représente revêtu de son armures, sur un sarcophage de pierre, le socle étant orné de bas reliefs qui l'évoquent, avec son épouse Béatrix d'Apiac.

À la fin du 16e siècle, le dernier héritier des Saunhac abandonna la forteresse. Le château cessa d'être habité dès 1788. Le délabrement, aggravé par les intempéries et la vigueur de la végétation s'aggravait inexorablement. Vers 1900, l'édifice totalement ruiné servait de carrière de pierres à des bâtisseurs peu scrupuleux, et les pauvres maisons du village étaient également affectées par cette déchéance.

En 1973, le célèbre architecte Fernand Pouillon (1912-1986) découvrit Belcastel et tomba amoureux de la ruine depuis si longtemps désertée. En 1974 il se porta acquéreur du château et en entreprit immédiatement la restauration avec le concours des ouvriers qu'il avait formés lors de ses longs séjours en Afrique du nord. Cette extraordinaire initiative avait évidemment encouragé les espoirs des habitants du village qui, forts de son exemple s'employèrent à redonner vie à l'ensemble du bourg.

Fernand Pouillon consacra huit ans à la restauration du château qui resta la propriété privée de l'architecte jusqu'à son décès. Fidèle à son éthique égalitaire, il avait demandé à être enterré de façon anonyme dans le petit cimetière de Belcastel. On respecta sa volonté. Il s'est éteint le 24 juillet 1986 au château et a rejoint ces génération de maîtres d'oeuvre dont les tombes taisent le nom à jamais.

Les propriétaires actuel du château en fit l'acquisition en 2005 et l'ouvrit au public en tant que monument historique et galerie d'art. Le château abrite en outre une collection d'armures originales du 16e siècle.

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