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Le forgeron-artiste A. DEBRU au village des Costes Gozon

12 Juillet 2015 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #CREATION ARTISANALE EN AVEYRON

 

 

À l’entrée du village des Costes Gozon, le décor est planté. Un décor de fer et d’acier dans lequel des formes insolites se jouent de l’actualité, des couleurs et du temps. Ici, on entre dans le monde merveilleux d’André Debru, ferronnier d’art.
Il y a bien longtemps, la petite forge du village résonnait, transpirait, rougissait à l’instar de ce fer qui (re)prenait vie sur l’enclume. Là, appliqués et méticuleux, l’arrière grand-père, le grand-père puis le père d’Alain Debru exercèrent le métier de maréchal ferrand. C’est dans ce contexte qu’Alain, tout petit, tirait le soufflet de la forge et, surtout, confectionnait, à 11 ans, ses premiers héros de BD. Pourtant, il n’était nullement question de contrarier son père par «l’exercice d’une profession qui ne servait à rien»... Son métier de forgeron se tournerait donc logiquement vers l’activité agricole. Mais ce qui passionnait Alain Debru c’était «l’envie de créer des choses avec du fer». Malgré les contrariétés suscitées auprès des agriculteurs qui perdaient petit à petit leur forgeron, Alain Debru persistera, pour ne se consacrer, depuis 5 ans, qu’à sa passion : travailler le fer. Celui qui a une histoire, qui a déjà servi. «Des objets parfois bizarres ou insolites qui amènent de la variété, de l’originalité dans la construction». Ainsi, dans la vache et le petit veau qui prendront bientôt place à Decazeville, André Debru a utilisé un vrai pistolet ou des outils forgés pendant la Révolution. Des objets qui ont 300 ans, des petits marteaux, des chaînes, des loquets de porte, un fer à mule (plus étroit et allongé que le traditionnel fer à cheval), un fer à bœuf (que les plus jeunes découvrent)…

forgeron-debru.jpg
Dans son atelier où règne une joyeuse pagaille, sa “cuisine” se concentre dans la poêlée de boulons, de ressorts, d’écrins ou de morceaux de métal auxquels il va (re)donner vie. «Ce sont les grosses pièces qui m’ intéressent, celles qui demandent la création de châssis (pour le corps, les pattes), de positionner le corps ou chercher l’épaisseur. Et comme on ne trouve pas beaucoup de vaches disposées à poser durant un mois et demi, je fais à l’œil et ne fonctionne qu’avec des images». Ensuite, l’étape du remplissage est un véritable bonheur. «Il faut aller chercher le fer dans la réserve, le trier, l’étaler par terre ; les quantités sont vraiment impressionnantes». Enfin, l’assemblage aux soudures classiques achèvera un travail laborieux. Quoi qu’il en soit, le résultat est surprenant, les proportions et les volumes respectés, le travail particulièrement homogène. Tout cela pour un ensemble très solide, qui ne demande aucun entretien, sur lequel la rouille apporte une couleur, une teinte, sans en altérer le fer. Et des œuvres qui participent à nous faire rêver en posant un regard désormais différent sur ces morceaux de fer qui encombrent parfois notre quotidien alors qu’ils illuminent celui d’André Lebru…

Ecrit par : amisaveyronmagazine.blogspot.com

 

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