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le château d'Esplas sur la route des seigneurs du Rouergue

8 Juillet 2016 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #LA ROUTE DES SEIGNEURS DU ROUERGUE

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Le château d’Esplas surplombe le hameau d’Esplas, bâti tout autour, et qui se situe à 5km à l’ouest de Rebourguil dans le Rougier de Camarès. Le château est constitué d’une enceinte carrée cantonnée de trois tours circulaires et d’une tour carrée bati avec les pierres rouges du pays. Trois des faces sont occupées par des bâtiments résidentiels.

Le bâtiment primitif est constitué par la tour carrée et le logis adjacent remontant probablement à la fondation de la seigneurie en 1261, les autres bâtiments datant du 15ième ou du 16ième siècle. L’intérieur  est un témoignage de cinq siècle d’histoire : meurtrières et postes de garde du donjon, citerne creusée dans le roc, cheminées monumentales du XVème siècle, architecture classique de l’aile sud.

Pendant la guerre de Cent ans, Esplas est assiégé par les anglais et, en 1376 les fortifications sont renforcées, la tour est isolée du logis pour mieux assurer sa défense.

Le 18 octobre 1376, le Sénéchal du Rouergue ordonna aux habitants d’Esplas de garder le château jour et nuit. En 1793, les 3 tours rondes furent abaissées de quelques mètres, mais le donjon de plus de 20 mètres de haut resta intact.

 

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 Le donjon domine l’ensemble du château et l’épaisseur des murs atteint 1.70 mètre. D’imposantes pierres de taille forment les chaînages d’angles. On pénètre dans le donjon au premier niveau. Une trappe aménagée dans le plancher permettait d’accéder au rez-de-chaussée, véritable cellier destiné à conserver les aliments. Au second niveau, une cheminée est aménagée dans l’épaisseur du mur et une niche flanquée de bancs permettait au factionnaire de faire le guet.

Les quatre corps de logis cantonnés de tours ont conservé les marques du rôle défensif du château lors des périodes troublées  que furent la guerre de Cent ans et les guerres de religion : Bouches à feu et archères cruciformes datées du XIVème siècle, présentent un croisillon central pour le tir oblique ou latéral et un étrier supérieur pour le tir parabolique.

Avec le retour des temps de paix, le château devient une résidence de plaisance comme en témoigne les nombreuses fenêtres percées dans les murs et dans les tours. Jeanne de Martrin fit ouvrir en 1713, dans la façade sud, l’actuelle entrée du château qui débouche dans la cour intérieure.

Une importante campagne de restauration de l’an 2000 permet au visiteur d’accéder au donjon et de comprendre comment s’organisait l’auto-défense seul moyen de survie tant pour le seigneur que pour les habitants qui pouvaient s’y réfugier.

La salle médiévale, a conservé sa cheminée monumentale avec tourne broche, pot à cendre, four à pain ainsi que sa pierre à eau et son potager. Les salons, aménagés au XVIème et XVIIème siècles, ont été restaurés et meublés, ce qui permet au visiteur d’imaginer la vie quotidienne d’un château passé de la défense à la résidence.

 

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Histoire de la seigneurie d’Esplas

Esplas faisait partie de la seigneurie de Camarès qui existait depuis le IXème siècle. Elle appartenait à la famille du Pont dont le plus célèbre représentant était Arnaud du Pont qui en 1153, à la fin de savie, se retira au monastère de Sylvanès qui venait d’être fondé par Pons de Lérac avec qui il partage le mérite d’être le fondateur de l’Abbaye de Sylvanès.  

Esplas fut détaché de la seigneurie de Camarès en 1261 lorsque Guillaume du Pont accorda en mariage sa fille à Béranger de Malemort et la dota des fiefs d’Esplas, de la Lauzière et de Saint Martin. La seigneurie comprenait deux villages, douze hameaux et trois clochers soit 1800 ha et avait les droits de haute, moyenne et basse justice. Ainsi Esplas devint une baronnie (parchemin signé du pape Clément)..

En 1349, Bernard de Martrin achète à Brenguier de Malemort le château et la baronnie. Auparavant la famille Martrin avait cédé son château de Martrin aux chevaliers de Malte. Ainsi on retrouve Héliot, le frère de Bernard Martrin, commandeur de l’ordre hospitalier de Saint Jean de Jérusalem. Esplas restera dans la famille Martrin pendant cinq siècles.

Cette acquisition de 1349 se situe dans un contexte historique dramatique, la grande épidémie de peste noire déferle sur la France depuis un an, c’est un véritable charnier. La guerre de 100 ans commencée en 1337 voit la France essuyer ses premières défaites à la bataille de l’écluse (1340) et à Crécy (1346). En 1371, quelques années après le traité de Brétigny (1360) qui laisse les deux tiers de la France dont le Rouergue aux anglais, le château d’Esplas est attaqué par les anglais, Bernard de Martrin résiste à l’assaut, mais perd plusieurs de ces fils.

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Brenguier de Martrin, fils de Bernard de Martrin eut 11 enfants dont Olivier qui succéda à son père pour la baronnie et la seigneurie d’Esplas, et Arnaud auteur de la branche qui existe toujours sous le nom de Martrin-Donos.

Jean de Martrin 1er du nom. Fils d'Olivier. Il fût un brillant officier et fût pourvu de l’office de capitaine châtelain du château de Roquecézières le 25 mai 1485 par lettre patente du roi Charles VIII.

François, 2ème du nom, arrière petit-fils de Marquès et fils d'Isabeau de Nozier dont on nous dit qu’elle était une très belle femme d’après son portrait qui est encore en 1870 au château d'Esplas. Isabeau mourut à Vabres en 1711 après avoir désigner son fils François comme héritier universel.
François fût tué à 22ans à la bataille de Denain le 24 juillet 1712. Sa soeur Jeanne hérita de la terre et du château d’Esplas, et le titre de baron d'Esplas passa aux descendants de son oncle Charles qui avait fixé sa résidence en albigeois. Ainsi finit la branche masculine des seigneurs d'Esplas.

Jeanne de Martrin épousa Jean-Baptiste de Boziat de Mantelet. Nous retrouvons actuellement le blason d'alliance de ces deux familles à l'entrée du château d’Esplas. Leur fille unique, Marie-Jeanne, épousa Jean-Marc-Alexandre de Gaujal de Montalègre. Marie-Jeanne de Boziat eut une fin tragique. Habitant St Sernin sur Rance, elle fut surprise en flagrant délit d’adultère par son mari et assassinée avec son amant par celui-ci. Lequel condamné à mort par contumace, se sauva en Espagne où il prit du service dans l'armée espagnole et finit Gouverneur de Barcelone.
Leur fille unique Anne, épousa Jean-Pierre de Cambiaire du Fraysse et apporta le château d’Esplas à son mari.
Henriette fille unique de Joseph de Cambiaire épouse Osman d'Alexandrie. Leur fils unique, Gérard, vendra le château d'Esplas à la mort de sa mère en 1980.

 

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