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La Légende du seigneur du château de Castelbouc

21 Septembre 2015 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #CONTES et LEGENDES

  

 

       La Légende du seigneur du château de Castelbouc

 

 

        le village de Castelbouc au bord du Tarn en Lozère

castelbouc.jpg

 

Dans les gorges du Tarn, sur la rive gauche en amont de Sainte Enimie, un curieux château offre aux touristes sa ruine fantomatique sur un rocher presque inaccessible. Evidemment sa situation lui vaut une légende qui se raconte encore avec le sourire aux lèvres des femmes, et avec les yeux envieux des hommes qui l'entendent. 

 

 

   "  Cette histoire s'est déroulée au 13ème siècle dans l'actuel département de la Lozère. A cette époque Roi, évêques, barons, seigneurs, gueux, serfs et larrons étaient tous partis à la Croisade.

   Lorsqu'on vint chercher Raymond, Seigneur de notre château (dont le nom s'est perdu avec les années), pour combattre en terre Sainte, il cria du haut de sa puissante tour :

      " Je reste "

      - " Mais pourquoi seigneur, tout le monde est en croisade ? "

     " Le haubert m'étouffe, et le casque m'assomme, " 

      - " Mais seigneur, nous....... "

" Partez, je ne suis point fait pour porter armes ou armures mais plutôt pour chanter des vers. " affirma t il vivement en s'enfermant dans sa forteresse.

   Il est vrai que Raymond semblait être un troubadour, et non un guerrier.

   Le temps passa et la honte le prit. La honte d'être inutile, et aussi d'être seul dans son château ainsi qu'un ours dans sa tanière. Et puis avec le printemps, "le cœur" débordait de sève.

   Un matin, il descendit au village et là, découvrit que la vie était belle, et les femmes encore plus !
   Les paysannes voyant leur Seigneur approcher, l'entourèrent et dirent :

   - " Ah, que tristes nous sommes, nous, femmes et filles...." 

" Mais pourquoi diantre ? " suffoqua notre Raymond.

   - "... Sans nos galants, sans nos époux, et pire....... sans des hommes, que mornes sont nos jours, que longues sont nos nuits ! "
  " Heu...oui....enfin..." fit cet homme trop seul. A ces mots, le cœur du seigneur mollit comme la cire au soleil,

    - " Vous êtes notre Seigneur..... Aidez nous...." 

" Il me semble connaître le remède à vos maux et je vous consolerais toutes si le Ciel m'aide...". affirma Raymond en regardant toutes ces belles chairs bronzées par le soleil de printemps.

   Et le château devint un lieu de 'pèlerinage' pour toutes les femmes tristes ou en mal d'amour.

  Mais un jour, une vieille femme (Sorcière était elle ?) lui tint ces propos :

" Cela finira mal. A l'user de la sorte on crève l'animal. " 
" Vieille, à peine le festin commencé, tu voudrais que je lève la table ? " répondit Raymond toujours aussi "poète".

       Et Raymond repartit consoler le cœur des malheureuses.

  Mais les meilleures choses sont de peu de durée.

      Chaque femme croqua jusqu'au dernier lambeau du festin qu'on leur donnait.

  Pauvre Seigneur qui donnait toutes ses flammes. Un soir, comme un feu sans entretien, il s'éteint  et ......il rendit l'âme......... mais à qui ?
    Le prêtre du village ne voulut pas bénir ce seigneur pécheur, et les cendres de cet ancien feu furent mises en terre sans cérémonie.

  On ne sait si son âme avait été donnée au diable, ou si les visions de certaines femmes étaient troublées par leurs pleurs mais......... toutes ont prétendu que le lendemain, un animal étrange velu, cornu, et couleur de peau s'envolait derrière le roc.

   Certaines affirmaient que c'était un grand bouc qui poussait des bêlements infâmes en regardant vers le village. La vieille ajouta en se signant :

 

      " C'est l'âme de Sieur Raymond. "
 

    Depuis ce triste jour, on peut entendre parfois, les nuits de lune noire, aux sommets des ruines, un bêlement plaintif suivi d'étranges murmures de femmes.

  Les plus hardis dans les propos affirment qu'un bouc vole en tournant autour du château...... Et c'est depuis que ce lieu est nommé : Castelbouc "

 

 

chateau-de-castelbouc.jpg

 

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