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La légende de la Chapelle del duol Aveyron

13 Juillet 2015 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #CONTES et LEGENDES

 

                                                 Lo Capelo del Duol
                                                La Chapelle du Deuil

 

chapelle-del-dol.jpg
Cadamarans : un des sept ermitages du diocèse ou bodomie de St Michel
(Réparations en 1297) Cadamarans ou Carmarans dépendait de la paroisse du Nayrac. La chapelle était en ruine avant 1730; ce serait La Chapelle Del Dol, oratoire de type archaïque ( chevet plat ) près de la route à 4 Kms d’Estaing.

En partant d’Estaing vers Entraygues, si vous continuez votre route sur la même rive, à quelques centaines de mètres, vous trouverez les restes d’un vieux mur, bâti sur une roche schisteuse. Ces restes à peine visibles correspondent à ceux qui se trouvent vis-à-vis de l’autre côté de la rivière et qui sont semblables. On désigne ces restes, dans le pays, sous le nom patois de « Lou pouon Trinquat » qui se traduit par « Le pont cassé ou détruit »
Cette roche encaisse la rivière de telle façon que le pont ne devait avoir qu'une arche très élevée pour l’écoulement des eaux en temps ordinaire. Il devait y en avoir de plus petites sur les côtés, où l’eau passait lors des crues qui se produisaient par les grandes pluies, mais il n'en reste pas de trace.
On voit sur la rive gauche dans les fissures de cette roche où l’eau a déposé de la terre, croître la petite pervenche, la fleur du souvenir.
En poursuivant votre promenade, vous contournez un coteau couvert de vignes ou de châtaigneraies, et vous arrivez à une petite plaine où est situé le village de Carmarans. En continuant encore vous trouverez une petite chapelle, dont voici l’histoire.

 

                                           Légendes Aveyronnaise

                            Lou Pouon Trinquat et Lo Capelo del Douol 

 

chapelle-del-dol-1.jpg

Le Seigneur d’Estaing était très lié avec le Seigneur de Vallon, dans la vallée de la Truyère. Celui-ci était veuf et avait un jeune fils. Contraint de partir à la guerre, ce seigneur confia son fils et le domestique de celui-ci, à son ami le Seigneur d’Estaing. Ce seigneur avait une fille un peu plus jeune. Les deux enfants jouèrent et grandirent ensemble jusqu'au jour, où devenus adolescents, ils sentirent, l’un pour l’autre, une profonde attirance.
Or le Seigneur d’Estaing projetait de marier sa fille à un puissant seigneur du voisinage, le Baron de Thénières, un homme dur et violent. La jeune fille, heureuse dans la compagnie du jeune Sire de Vallon, n'éprouvait au contraire que de l’aversion pour celui que son père lui destinait.
Le Baron de Thénières, comprenant que le cœur de la jeune fille était déjà pris, amena le Seigneur d’Estaing à renvoyer chez lui à Vallon, le jeune compagnon de sa fille. Les jeunes gens en se séparant, jurèrent de se revoir. Au jour fixé, une lumière placée en haut de la grande tour, indiquerait qu’il n’y avait point de danger. L'indiscrétion d’une servante mit, par l’intermédiaire de son serviteur, le Baron de Thénières au courant.
Connaissant le jour et l’heure à laquelle le jeune page devait venir, le Seigneur de Thénières paya très largement six vauriens qui par une nuit très obscure abattirent l’arche principale du pont qui reliait Estaing à la rive gauche. A l’heure dite, le jeune homme arriva par La Rouquette, sur la rive gauche, non loin d’Estaing. Dans la nuit il ne vit pas l’abîme qui s'ouvrait à la place du pont et se noya dans le gouffre. Son serviteur ne le voyant pas revenir, alla le lendemain à sa rencontre. il vit le pont brisé, comprit qu'il était sans doute tombé et vint alerter le Seigneur d’Estaing et toute la population.
On chercha le long de la rivière le corps du jeune homme. On finit par l’apercevoir en face du chemin de Montaigut. Avec une petite barque, que l’on appelle dans le pays un « nego fouol » on réussit à ramener le corps. Pendant ce temps là, une brève enquête, qui ne faisait aucun doute, permit de découvrir l’auteur du crime : Le Baron de Thénières.
A la demande de la jeune fille, le Seigneur d’Estaing fit ensevelir le jeune homme au lieu où on l’avait sorti du Lot, et fit construire un dessus de la tombe, une chapelle et à côté un logement pour un ermite dont la mission serait de prier pour le défunt et les deux familles d’Estaing et de Vallon.
Cette chapelle est appelée depuis, Lo Capelo del Douol, la chapelle du Deuil. La jeune fille ne tarda pas à suivre son compagnon dans la tombe. Le jour anniversaire de la mort des deux amants, disent les pécheurs d'Estaing, une légère nuée semblable à un brouillard, s'élève au-dessus de la grande tour du château et prend peu à peu la forme d'une femme en longs vêtements blancs, Ces mains jointes élevées vers le ciel et l’on entend par trois fois le cri parfaitement distinct ; Douol ! … Douol ! … Douol ! …. et tout disparaît.
Ces pécheurs interrogés à plusieurs reprises sur la date de cette apparition répondent invariablement « C'est à la montée du poisson blanc, qui a lieu à la floraison du blé »

légende enregistrée aux archives départementales de l'Aveyron

 

interieur-de-la-chapelle-del-dol.jpg

 

 

 

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Albouze 19/06/2014 19:13

Dieu reunit ceux qui s' aiment

valorge 24/06/2014 18:37

Tout à fait ;-)