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l'enfant sauvage

10 Août 2015 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #HISTOIRE EN AVEYRON

« Dernier enfant sauvage, premier enfant fou »

 

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Victor de l'Aveyron est un enfant sauvage, qui serait né vers 1790 dans le Tarn et qui s'est réfugié dans l'Aveyron.

 

En 1797 un enfant d'environ 9-10 ans est aperçu dans le Tarn, mais ce n'est que deux ans plus tard qu'il sera attrapé, escorté au village de Lacaune et recueilli par une veuve. L'enfant ne se nourrit que de végétaux crus, ou qu'il a cuits lui-même. Il fugue au bout d'une semaine.

 

Nous sommes en 1799 ; durant l'hiver, l'enfant descend du Tarn à l'Aveyron. Le 6 janvier 1800, un enfant nu, voûté, aux cheveux hirsutes, est débusqué par trois chasseurs. Il s’enfuit, sort des bois et se réfugie dans la maison du teinturier Vidal, de Saint-Sernin, située à l’écart du village, face au pont sur le Rance. Il ne parle pas et fait des gestes désordonnés. Constans Saint-Estève, représentant du gouvernement à Saint-Sernin, lui donna, le 9 Janvier 1800, le nom du village et informa ses supérieurs de sa trouvaille : un enfant qui paraissait « sauvage » et peut-être sourd-muet. On l’appela Victor de Saint-Sernin ou de l’Aveyron.

 

Transféré à Saint-Affrique le 10 Janvier, puis à Rodez lorsque les journaux de Paris révélèrent son existence, Victor échappa à l’hospice grâce à l’abbé Bonnaterre qui prit soin de lui à l’École centrale, l’apprivoisa et commença à l’éduquer. Bientôt, les hautes autorités de l’État se mêlèrent de son sort, le ministre Lucien Bonaparte réclame son transfert à Paris. Il arrive donc dans la capitale le 6 août 1800. Le voilà livré à la curiosité de la foule et surtout des savants à la Société des observateurs de l’homme, créée en 1799. Toutes sortes d’hypothèses, même les plus absurdes, ont été formulées à son sujet. En particulier on ne saura jamais si son retard mental était dû à son isolement ou si un handicap mental préalable avait conduit à son abandon vers l’âge de deux ans.

 

En 1801, Victor est confié au docteur Jean Itard. Personne ne croit à sa réinsertion sociale, mais Jean Itard s’attelle à la tâche. Pendant ce temps, trois théâtres parisiens jouaient Victor ou l’enfant de la forêt, la pièce de Ducray-Duminil, et la rumeur se répandait que le Sauvage pourrait bien être Louis XVII.

Jean Itard publiera un mémoire la même année et un rapport en 1806 sur ses travaux avec Victor de l’Aveyron. Pendant cinq années, il a travaillé avec cet enfant à sa réinsertion sociale, mais a considéré comme un échec personnel son incapacité – ou son refus ? – de parler.

 

Victor est confié à une certaine madame Guérin qui le soigne pendant 17 ans, de 1811 à sa mort en 1828, dans une maison de l’impasse Feuillantine. L’Enfant sauvage mourut dans les bras de la vieille dame, totalement oublié, sans avoir prononcé le moindre mot.

 

 En 1970, François Truffaut s’inspire de l’histoire pour réaliser un film, L’Enfant sauvage.

Une statue dédiée à « Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron », a été érigée à Saint-Sernin-sur-Rance. Elle est l’œuvre du sculpteur Rémi Coudrain.

 

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Céline 11/08/2015 04:13

Passionnante et émouvante est l'histoire de Victor... Et quelle tristesse d'être mort abandonné par la société qui considérait qu'il était "irrécupérable"...