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Balade à Saint-Izaire dans le sud Aveyron

20 Juillet 2015 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #HISTOIRE EN AVEYRON

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Balade dans le Sud de l’Aveyron sur la Route des Seigneurs du Rouergue 


Destination... le petit village de Saint-­Izaire et son château à 20 kms de Saint-Juéry.
    L'Aveyron ne se compose pas unique­ment  des  verdoyants  plateaux  de l'Aubrac et des arides causses du Larzac, comme nombre de personnes en font gé­néralement la description raccourcie.
Dans les méandres de secrètes vallées se niche une ky­rielle de sites s'offrant aux curieux, qui accomplissent la démarche de se renseigner, ou qui se laissent aller à bague­nauder.
L'accès au petit village de Saint-Izaire n'est pas des plus évidents.
Planté dans le "rougier" (grès rouge du permien) de la vallée du Dourdou (voisine de la plus célèbre vallée du Tam), il est un cadre charmant pour ceux qui aiment la quiétude des vallons et des rivières, mais pour ceux aussi qui s'intéressent à l'histoire.

Les environs de Saint-Izaire ont gardé comme traces de la fin de la période préhistorique la présence de statues-menhirs (intermédiaires entre les blocs abstraits des men­hirs et les statues figuratives d'une période plus récente). Sur environ quatre cents exemplaires découverts dans le monde, une soixantaine l'a été aux confins du Tam, de l'Hérault et de l'Aveyron. Une dizaine fut mise à jour à moins de deux kilomètres de Saint-Izaire (au Mas Capelier, maison natale du chanoine Hermet, l'un des pionniers de l'archéologie gallo-romaine et préhistorique qui se signala dans le monde scientifique en leur attribuant le nom de "statue-menhir"  aux Armayrols; aux Maurels; et aux Ardaliès).
Placide et bienveillant, simplement paré de quelques arbres qui, jamais, n’arriveront à lui faire de l'ombre, c'est le château du bourg fortifié de Saint-Izaire qui surprendra le premier regard de ceux qui se seront laissés prendre dans les méandres du Dourdou. Tel un vaisseau précédé par sa flottille, assuré de sa puissance et son éternité, depuis presque sept cents ans, il remonte le temps au gré des évé­nements qui jalonnent l'histoire d'un village.
La fondation, par les Bénédictins au IXe siècle (852), de l'Abbaye de Vabres constitue l'élément religieux détermi­nant de toute l'histoire de ce coin du département. Il sem­blerait que le site de Saint-Izaire ait été colonisé et mis en défense par ces Bénédictins.
Mais le château et le bourg fortifié sont dus aux évêques de Vabres.
En 1317, Jean XXII, second pape d'Avignon, choisit l'Abbaye de Vabres comme siège d'un nouveau diocèse, amputant celui de Rodez des paroisses situées sur la rive gauche du Tam.
En 1318, Pierre d'Olargues, abbé du monastère de Vabres, est consacré évêque.
Dès lors, le prieuré et la coseigneurie de Saint-Izaire de­viennent sa propriété.

 

 

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L'époque précise de l'élévation des fortifications n'a pas été déterminée. On sait qu'elles existaient au XTVe siècle, comme le château actuel (dont nul élément ne laisse à pen­ser qu'il serait d'une construction antérieure). Il semble plus plausible qu'il ait été construit par les premiers évêques. Les invasions, les brigandages font régner une telle insécurité que très vite l'imposante bâtisse de grès rouge et les remparts de Saint-Izaire s'avèrent être un soli­de refuge pour les évêques et les habitants.
En vertu du traité de Brétigny (1360), le Rouergue est cédé aux Anglais. Une garnison anglaise partage, pendant huit ans (1362-1370), en bonne intelligence, le château avec l'évêque.
Deux siècles plus tard, pendant les Guerres de Religion, Monseigneur François de la Valette, évêque de Vabres et frère du célèbre défenseur de Malte, se réfugie à Saint ­Izaire. Alors que Saint-Affrique est aux mains des protes­tants, Saint-Izaire résiste. Cet évêque, comme d'autres suc­cesseurs, adoptera le château en tant que résidence perma­nente. Il est enterré dans l'église de la paroisse (son épi­taphe est visible à l'entrée de la sacristie).
A la Révolution, l'évêché de Vabres disparaît, et le châ­teau est vendu comme bien national. Racheté pour arrêter son dépècement, il fut partagé entre le presbytère et une école religieuse.
En 1988, l'association "Vie et Château" décide de sortir la bâtisse de l'usure du temps et du silence.
Et, Si aujourd'hui, il est plaisant de se promener dans des ruelles ornées de façades du XIVe et XVIIe siècles, de pou­voir admirer le donjon et ses annexes (témoins du château médiéval), l'appartement des évêques (plafond Louis XIII, plancher en marqueterie), la grande salle voûtée, le musée du chanoine Hermet... nous le lui devons.
Et comme un remerciement symbolique, le château, en 1998, a daigné se dévoiler un peu plus avec la découverte fortuite d'une salle voûtée et souterraine. Sa fonction de­meurant mystérieuse (réserve d'eau... de nourriture... en­trée d'un souterrain...?), l'imposante bâtisse, du haut de ses sept siècles, a su, à nouveau, susciter un regain de curiosité et d'intérêt dans le village.

 

 

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