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abbaye sylvanes

11 Juin 2014 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #LE SUD AVEYRON

 

 

Ajoutée par le 25 févr. 2012

 

L'Abbaye de Sylvanès, magnifique monument cistercien du Rouergue, a été fondée en 1136 par un Seigneur de la région de Lodève, Pons de l'Héras. Bien que noble et chevalier, on dit qu'il n'en était pas moins brigand redoutable et redouté. Touché par la grâce divine une nuit de Noël, il cesse ses brigandages pour se consacrer à la pénitence et à la prière. Il fonde alors l'ermitage de Sylvanès. Devant la multiplication des conversions, Pons de l'Héras se rattache à l'ordre de Citeaux et fonde en 1136 l'Abbaye Notre-Dame de Sylvanès où il finira sa vie dans l'humilité du travail manuel.

La construction de l'église abbatiale s'étend de 1151 à 1252, soit sur plus d'un siècle. On reconnait ainsi à l'Abbaye de Sylvanès l'évolution de l'architecture romane qui tend peu à peu vers le gothique (arcs brisés uniquement au fond de la nef). Ensemble équilibré, le choeur est un joyau de l'art roman cistercien. Dépassant le symbolisme trinitaire habituel à l'art cistercien, la façade présente sept ouvertures symbolisant les sept jours de la semaine, soit la Création. La rosace centrale évoque la Vierge Marie, patronne et protectrice de l'ordre de Citeaux. La grande verrière de la façade ouest est de style gothique rayonnant en cours au XIIIe siècle. Comme il est de coutume, l'église est orientée vers l'est, ce qui permet aux premiers rayons de soleil de venir illuminer le choeur, symbole du Christ ressuscité.

La nef unique, surprenante par son équilibre, son harmonie et sa luminosité, n'a ni bas-côtés ni contreforts extérieurs destinés à supporter le poids de la voûte. En effet les contreforts sont placés à l'intérieur des murs et forment des chapelles latérales. La voûte, construite en tuf (une pierre solide et légère), se caractérise par un grand dépouillement des lignes et de la décoration. L'absence de toute décoration, hormis la stylisation de motifs végétaux met le lieu monastique dans l'esprit typiquement cistercien.

Les bâtiments conventuels se répartissent autour du cloître selon un plan typiquement cistercien. Le bras sud du transept se prolonge pour former l'aile est du cloître, la seule encore présente aujourd'hui. Cette aile comprend la sacristie, la salle du chapitre et le scriptorium. À l'étage se trouvait le dortoir des moines. À l'opposé, l'aile ouest, aujourd'hui disparue, abritait le réfectoire et le dortoir des frères convers, ainsi que l'hôtellerie. L'aile sud, également disparue était destinée au réfectoire des moines, au cellier et à la cuisine.

Après deux siècle de rayonnement où les dons affluent et les constructions se développent, l'Abbaye est concurrencée par les autres abbayes cisterciennes du Rouergue, par les Templiers sur le Larzac et les Hospitaliers à Prugnes. Avec la Guerre de Cent Ans et le traité de Brétigny (1360) qui cède le Rouergue aux Anglais, l'Abbaye décline progressivement. En 1477 l'Abbaye est placée sous la Commende. Elle est gérée par des abbés séculiers non astreints à la vie religieuse, qui se comportent en féodaux très attachés aux revenus de leur charge. La communauté de moines se réduit de plus en plus. En 1791, avec la tourmente révolutionnaire, les derniers moines s'enfuient et l'Abbaye est vendue comme Bien National.

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