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NAJAC Aveyron

1 Janvier 2016 , Rédigé par l'oustal de saint juéry Publié dans #A LA DECOUVERTE DE L' AVEYRON

vidéo Laclefdevoute

Tenant son nom d’un domaine gallo-romain, Najac se développe au 11ème siècle sous l’aile protectrice d’un château fort.

Au milieu du 13e siècle, au lendemain de la croisade contre les Albigeois, et alors que les terres du Midi de la France se couvrent de bastides, le bourg de Najac, dont le positionnement est stratégique, est réaménagé par le comte de Toulouse Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX. Najac devient alors une ville de pouvoir, siège de la sénéchaussée du Rouergue… Des travaux considérables y sont réalisés afin d’asseoir l’autorité royale et développer des échanges : le château fort est reconstruit, une nouvelle et vaste église est bâtie, et un quartier neuf est aménagé autour de la place du Barry afin d’accueillir des marchés.

En 1271, Najac et le comté de Toulouse sont rattachés à la Couronne. La ville connaît alors et pendant tout le Moyen Age une aisance économique. Les pèlerins y affluent…

 

En 1348, la peste Noire décime la population de Najac et ralentit considérablement l’économie dans le Rouergue. Entre 1362 et 1368, et conformément au traité de Brétigny, la ville est occupée par l’armée royale anglaise, jusqu’à ce que la population ne massacre la garnison qui stationnait dans le château.

 

En 1589, les Huguenots occupent Najac et se livrent au pillage. Poussés par la faim, ils sont finalement chassés du château par la population.

 

En 1643, éclate la révolte des Croquants. Ces paysans pauvres et affamés occupent Najac et Villefranche-de-Rouergue. Ils sont arrêtés, puis condamnés à mort pour l’exemple.

 

 

La Révolution livre le château au pillage. Le monument est heureusement sauvé de la destruction. Au milieu du 19e siècle, est aménagée la ligne de chemin de fer, dont une section passe sous le village. Le phylloxéra qui ruine l’économie viticole, la première guerre mondiale, puis l’exode rural modifient singulièrement les pratiques artisanales et agricoles.

 

Najac se consacre aujourd’hui à mettre en valeur un patrimoine paysager, architectural et gastronomique exceptionnel que nous vous invitons à découvrir.

 

 Une extraordinaire architecture militaire. Quand une famille royale impose la paix par une démonstration de puissance...


 

Najac, enjeu stratégique des Comtes de Toulouse... Lorsque les Comtes de Toulouse le choisirent comme capitale du Bas Rouergue, une période faste de deux siècles commence pour Najac. Une situation défensive de premier ordre sur un éperon rocheux commandant la vallée de l’Aveyron, un lieu de passage, des mines d’argent, de cuivre et de plomb sont autant d’atouts.

En 1249 à la mort de Raimond VII, le dernier des Toulouse, son gendre Alphonse de Poitiers, frère du roi de France, lui succède. La région et Najac se soulèvent autant par attachement à la famille qu’en raison de leur hostilité aux capétiens. En quelques mois, le nouveau comte va remettre tout en ordre. Avec une grande hauteur de vue, il crée dans ses états un ensemble administratif (sénéchaussées, consuls), développe les marchés et les villes nouvelles comme Villefranche-de-Rouergue en 1252, et montre sa détermination.

http://www.seigneurs-du-rouergue.fr/cms/uploads/images/commun/pix.pngMontrer sa force... La région n’est pas, en effet, la plus calme. Outre les habitants qui ne lui sont guère favorables, elle est à proximité du Rouergue, du Quercy et de l’Aquitaine anglaise des Plantagenêt. Alphonse va imposer sa puissance par la construction de ce formidable engin de dissuasion qu’est la forteresse de Najac. Le premier donjon carré, de facture simple, bâti vers 1100 va être remanié et puissamment complété.

Sur l’éperon étroit et escarpé qui, à lui seul, rend l’endroit inabordable, un chantier est lancé en 1253. Le XIIIème siècle a porté très haut l’art militaire : l’introduction du gothique, l’apport des croisades ont fait surgir un modèle de châteaux forts (dits «Philippiens») quasi imprenables. Najac élève ses courtines à 25 mètres de hauteur, inaccessibles aux échelles des assaillants. L’étroitesse de l’éperon, défendu par plusieurs lignes d’enceinte, rend vaines les bombardes et périlleuse l’approche. Les nouvelles tours rondes, implantées directement sur le roc, découragent la sape. Leurs archères hautes de 6,80 mètres, réputées les plus hautes du monde, permettent la défense dans toutes les directions. A 39 mètres, la terrasse du donjon permet de communiquer avec les autres points forts de la région. A vous dégoûter de s’y frotter.



Tout un art subtil de défense... Ouvrage défensif, tous les stratagèmes sont mis en œuvre pour tenir tête à un assaillant qui, contre toute probabilité, aurait réussi à pénétrer. Un plan de repli progressif vers la salle haute du donjon combine tous les pièges, tous les obstacles possibles. Aucune porte ne peut être battue par un bélier. Les escaliers, qu’ils soient à vis ou accrochés à la muraille, découragent la montée. Les défilements dans les murailles exposent l’arrivant et dissimulent le défenseur. Les passages, de hauteur réduite, forcent à se courber. Des brise-flèches sécurisent les ouvertures.

La qualité de la maçonnerie permet toutes les finesses, souvent discrètes, que les guides se font un plaisir de montrer. Finalement personne ne s’y frottera.



Aujourd’hui... Après la guerre de Cent Ans, la forteresse royale n’a guère servi que de prison jusqu’à la Révolution (Templiers, puis Croquants en 1643). Vendue comme bien national, exploitée en carrière de pierres, elle a perdu une partie de ses parures : encadrement sous escaliers. Une horloge municipale, heureusement située au sommet du donjon, l’a sauvé des prédations. Intact, avec trois salles superposées de belle facture gothique, il impressionne. Sa terrasse offre un magnifique panorama sur l’Aveyron et Najac, classé dans les plus beaux villages de France. A mi-hauteur, la chapelle St Julien montre des restes de fresque du XIIIème siècle et de nombreuses marques de compagnons. Un passage secret dans l’épaisseur de la muraille la relie à la chambre du Gouverneur qui commandait le cellier.

 

Aujourd’hui, le château présente une imposante maquette où des personnages à l’échelle permettent au visiteur, de prendre la mesure de la politique de dissuasion mise en œuvre par Alphonse de Poitiers.

photo a.montginoux

photo a.montginoux

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