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Histoire des Brigands du Bourg

17 Janvier 2016 , Rédigé par Gite aveyron l'oustal de saint juéry Publié dans #HISTOIRE EN AVEYRON

Histoire des Brigands du Bourg

 

Les dernières années de la Révolution furent surtout marquées, en nos pays, par les exploits de la chouannerie. Plusieurs bandes surgirent sur les divers points de l’Aveyron et entreprirent une guerre de partisans contre le régime républicain.

Une des bandes les plus célèbres, restée légendaire sous le nom de « Brigands du Bourg », fut celle des Meilloux. Elle avait pour chefs trois frères du Bourg, du nom de Souldo, mais vulgairement appelés Meilloux : Jean, qui était maçon, Pierre-Jean, ancien garde-forestier du duc de Caylus, et Louis. Des circonstances locales, aussi bien que leurs instincts, les placèrent parmi les plus acharnés adversaires du nouveau régime. Ils le combattirent, pendant plusieurs années, avec une énergie sans pareille.

Au trois Meilloux s’étaient joints : Dominique Dupont, des Vignes ; Marc-Antoine Delbourg, d’Aguessac ; Jacques Bouscary ; Paul Peytavi, dit saucisse ; Dalous, de Saint-Saturnin ; Pierre Guibert, dit Minguier, de Boyne; Garlenq, Dennes, Fabre et d’autres moins connus. D’après une lettre qui se trouve dans nos Archives Communales, un de ces brigands était surnommé « Sans peur » et un autre « Bellerose ».

Il serait trop long de mentionner les actes de violences commis dans notre région millavoise, le Sévéraguais et les Gorges du Tarn en Lozère. Qu’il nous suffise de citer les faits suivants :

11 Octobre 1793 – Pillage de plusieurs maisons à Mostuéjouls et à Liaucous, et mauvais traitements infligés aux habitants de ces localités par une cinquantaine d’hommes armés. Le 14 Octobre, une troupe de « brigands se jette sur le village de La Cresse y désarme les républicains et pille plusieurs maisons.

La bande des Meilloux attaque, pendant la nuit du 12 floréal (1er mai 1796), la maison de Fabre, notaire à Pailhas. Dans l’imminence du danger, les frères Fabre se saisissent chacun d’un fusil et puis, ouvrant portes et fenêtres, ils crient aux assaillants : »Entrez donc ! ». La bande se contente de tirailler contre la maison et va chercher une proie plus facile chez un autre habitant du nom de Barascud ; elle dévalise entièrement sa maison.

 

14 floréal (3 mai 1796)- Le citoyen Pailhas, de Compeyre, est assailli dans sa vigne par Souldo, Delbourg et trois autres, qui le blessent à un bras et à une épaule d’un coup de fusil.

28 floréal (17 mai 1796)- La mùaison Maurel, du Mas-Nau, est pillée dans la nuit.

4 prairial (23 mai 1796)- Lagarde, père, est tué au domaine des Fons de Jong, à coups de fusil, par les Meilloux, Delbourg et six autres.

La tradition rapporte qu’à Fretma, paroisse d’Hures (Lozère), les Brigands massacrèrent, sous les yeux de son épouse, Marcellin Pelet, coupable d’avoir voulu leur sonner un conseil de modération. On comprend toute la terreur qu’inspiraient aux populations de pareils attentats !

Presque tous les chouans finirent par être pris et moururent de mort violente.

Le 18 Juin 1796, le plus jeune des Meilloux, Louis Souldo, qui avait été fait prisonnier, était conduit de Séverac à Rodez, en compagnie de de Badaroux, de Mostuéjouls ; ayant voulu fuir, les soldats tirèrent sur eux et les tuèrent.

Le dernier exploit des Brigands du Bourg fut l’assinat de l’abbé Pierre-Jean Pourquery, sous-directeur de Lorette, et de son frère, surnommé Beaupré, officier en retreaite.

Voici le récit qu’en fait l’abbé Lévesque, ancien curé du Bourg, qui avait pu recueillir des renseignements auprès des anciens du pays.

Les Pourquéry, qui étaient une des familles les plus honorables et les plus influentes du Bourg, avaient souvent reproché aux Meilloux et à leurs compagnons, leur brigandage et leurs véritables crimes. Ceux-ci leur en avaient voué une haine mortelle et, plusieurs fois, avaient livré des assauts à leur maison, sans succès. Ils trouvèrent enfin l’occasion de se venger.

Le 19 octobre 1801, l’abbé Pourquery et son frère, dit Beaupré, revenaient de la foire de Séverac. Ils étaient tous les deux à cheval, précédés, à quelques pas de distance, d’un habile tireur, nommé Pélat, dont, par prudence, ils se faisaient accompagner. Les deux frères venaient d’atteindre le haut de la côte de Ceyrac, non loin de Séverac, lorsqu’on entendit une détonation, et l’abbé, se tournant vers son frères,le vit tomber de cheval comme foudroyé. Au même instant, une balle vint le frapper lui-même et l’abattit mort, Pélat, se retourne, dirige son fusil vers l’endroit d’où les coups de feu étaient partis, décharge son arme et court à Séverac porter la nouvelle du double assassinat dont il venait d’être témoin.

Ce crime mit le comblle à la mesur et détermina la perte des Brigands. Une indignation générale souleva tout le pays et l’on résolut d’en finir pour une bonne fois avec eux.

Des battus sont organisées aussitôt et couronnées de succès. Capturés, les deux Meilloux furent conduits dans les prisons de Rodez ; le cadet y mourut de ses blessures, le 2 pluviose (22 janvier 1802), Jean, l’aîné, fut condamné à mort dix jours pllus tard et termina sa vie sur l’échafaud. Telle fût la fin de ces deux hommes à qui leur constance et leur courage auraient assigné une place remarquable dans le drame de nos dissensions civiles, si leurs excès et leurs crimes n’eussent affreusement souillé la fin de leur vie.

La prise des Meilloux porta le dernier coup à la Chouannerie, ou plutôt au brigandage organisé sur les ruines de la Chouannerie, Delbourg s’expatria et ne reparut plus.

Extrait du livre Millau à travers les siècles de Jules Artières

Histoire des Brigands du Bourg

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ARNAL 19/01/2016 17:19

Je vous avais promis la version romancée par FABIE , notaire et maire de Peyreleau , je n'ai pas oublié et à l'occasion je vous la confierai volontiers