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La Roque-Gageac et ses maisons troglodytes en Dordogne

13 Octobre 2015 , Rédigé par Gite aveyron l'oustal de saint juéry Publié dans #LA DORDOGNE

LA CLEF DE VOÛTE. Dans un décor vallonné et parsemé de hautes roches recouvertes de forêts verdoyantes, La Roque-Gageac est niché au pied de ses falaises orientées plein sud, dans une boucle de la Dordogne. Un spectacle à couper le souffle qui se dévoile d'un bloc lorsqu'on arrive par la petite route de Sarlat. Dans un climat méditerranéen, du fait de son abris et de sa cuvette où reste enfermée la chaleur, le village aligne les façades de jolies maisons dorées par le soleil, au milieu desquelles se cache même un jardin exotique où demeurent palmiers, bougainvilliers et autres grenadiers.

Au IXe siècle, ce tranquille village médiéval a dû se retrancher derrière des fortifications pour fuir la menace des drakkars normands qui écumaient alors les eaux de la Dordogne. Mais c'est au XIIe siècle que le bourg commence vraiment à se développer. Un majestueux fort troglodytique est alors édifié à 40 m de haut dans les cavités de la falaise. Ancienne demeure seigneuriale de l'Abbé puis des évêques de Sarlat, le fort renferme, à l'origine, jusqu'à cinq maisons nobles avec ses dépendances et une fontaine.

Lorsqu'éclate la guerre de Cent Ans, le village attire de nombreux habitants des lieux environnants qui viennent se réfugier au pied de la forteresse. La Roque-Gageac devient une véritable petite ville avec ses rues, ses quartiers protégés par des remparts et des portes fortifiées. À l'abri d'une double enceinte, le fort de La Roque devient imprenable. Ni les Anglais, ni les protestants lors des guerres de Religion, ne réussissent à prendre d'assaut le village et son fort. De l'ancienne demeure seigneuriale, seule la porte dite du Bouscot subsiste aujourd'hui, ainsi que quelques vestiges du mur d'enceinte.

Située à mi-falaise, l'église romane du XIIe siècle est, à l'origine, la chapelle du fort. À l'ouest, la façade de l'église présente un clocher-mur qui ouvre sur une nef unique qui se termine par une abside semi-circulaire à l'est. À la fin du XIIe siècle, deux chapelles sont rajoutées au sud. Après la destruction de l'église paroissiale située hors les murs pendant les guerres de Religions, la chapelle devient l'église principale de La Roque-Gageac. En bon état de conservation, elle est entourée d'une jungle tropicale composée, entre autres, de bananiers géants qui dépassent presque la hauteur du clocher.

L'époque Renaissance va embellir La Roque-Gageac de belles demeures, comme le Manoir de Tarde qui domine toujours le cœur du village. La structure de cet édifice se présente sous la forme d'un corps de logis en équerre et à pignons, ornés de fenêtres à meneaux, auquel s'ajoute une tour ronde. Le manoir possède un passage voûté sous lequel passe le chemin. C'est là que naquit et mourut Jean Tarde, célèbre humaniste et botaniste. Il ramena dans la région la première lunette astronomique donnée par son ami, Galilée.

Port actif sur la Dordogne du XVIIIe au XIXe siècle, le développement économique de La Roque-Gageac prend son essor grâce aux quelques 200 gabarres qui s'y arrêtaient chaque année. Les gabares sont des bateaux traditionnels à font plats qui étaient construits pour descendre les produits tirés des forêts. Les gabarres ne servaient que pour la descente de la rivière. À l'arrivée, ils étaient démontés pour faire du bois de chauffage car ces bateaux ne pouvaient pas faire le voyage inverse. Les gabarres aujourd'hui ont été recyclées pour le tourisme et permettent de faire de belles croisières sur cette rivière et de profiter du magnifique paysage qu'offre La Roque-Gageac et ses environs.

Au niveau de la route se dresse le château de La Malartrie qui date du XIXe siècle bien que son architecture ait été inspirée des constructions du XVe. Le site de La Malartrie remonte au XIIe siècle. À l'époque La Malartrie était un hôpital pour lépreux mais le bâtiment a subi de nombreux changement depuis. Au XIXe siècle le Comte de Saint-Aulaire, ambassadeur de France en Angleterre, fit transformer le château dans le style Renaissance qu'il arbore aujourd'hui.

Située dans ce que l'on appelle "Le triangle d'or de la vallée de la Dordogne" (composé de Sarlat, Domme, Beynac, Castelnaud, Montfort, Les Milandes), La Roque-Gageac séduira les amoureux d'architecture comme les amoureux de la nature. L'ensemble est classé officiellement troisième site de France après le Mont-Saint-Michel et Rocamadour.

La  Roque-Gageac et ses maisons troglodytes en Dordogne

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