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L'eau de Quézac "La Diva"

27 Septembre 2015 , Rédigé par Gite aveyron l'oustal de saint juéry Publié dans #LA LOZERE

LA DIVA !

L'eau de Quézac est connue depuis, semble t'il, des millénaires. Son histoire remonte, dit-on, jusqu'aux Celtes, qui l'auraient associée à leurs rites. Vers 1500 avant JC, des villages s'implantent au bord du Tarn et des Druides auraient consacré les vertues de cette eau minérale sortant bouillonnante entre les rochers de la vallée.  Des vestiges de lieux de culte sur le site et dans la vallée (charpentes en bois installées par les Celtes qui facilitaient les prélèvements d'eau et les bains) attestent des rites religieux existant autour de la source.

Une cippe (pierre tombale) atteste de la présence gallo-romaine sur ces lieux vers 50 ans av JC, de même que le suffixe "ac" (équivalent du latin daomine, signifiant "le domaine")  des deux villages jumeaux (Ispagnac = domaine d'Hispanius et Quézac = domaine de Quiétus). Les motifs de cette cippe évoque soit la Rome de Taranis, dieu du tonnerre qui aurait donné son nom au Tarn, soit le soleil de Bélénos, dieu guérisseur d es sources. A l'époque, Quézac possédait des thermes.

L'eau était donc considérée comme miraculeuse, et l'on retrouve des signes de son utilisation bien plus tard.  En 1710,on trouve la trace des premières  ordonnances de médecins mendois recommandant des cures de quelques jours à Quézac. Le Docteur Blanquet mentionne, en 1718, les propriétés de cette eau qui "débouche les conduits" (système urinaire et vasculaire). Le vallon du Tarn était par ailleurs au XIXe siècle un lieu de thermalisme et de cure, cette forme de tourisme étant très à la mode.

Cette eau, qui jaillit naturellement pétillante, s'inscrit donc dans l'histoire et les légendes de la région.

L'eau de Quézac "La Diva"

Au milieu du XIXe siècle, le Docteur COMANDRE (médecin consultant aux eaux de Cauterets, dans les Pyénées), qui a ses racines à Salanson où la trace de ses aïeux remonte à l'année 1600,  atteint d'une maladie apparentée au choléra (selon la médecine de l'époque), est soigné à l'eau de QUEZAC. Il achète la concession de la source et mène les premiers travaux de captage, en 1859.

 

 

On retrouve dans un ouvrage publié en 1889 : "les Gorges du Tarn et Montpellier le Vieux" par Mr Louis de Malafosse, une pratique peu commune qui avait lieu au temps des vendanges, quand les flancs des coteaux du vallon d'Ispagnac, de Molines à Aiguebelle, étaient couverts de vigne. "Ces eaux, malgrè leur mauvais aménagement qui en fait une sorte de marre, attirent en septembre un certain nombre de malades venant subir ce qu'on appelle une "cure de raisin". On paie un certain droit aux divers propriétaires de vignes pour aller à satiété manger des raisins, puis l'on va boire de cette eau et cela plusieurs fois par jour. A en croire les habitants d'Ispagnac et de Quézac, le nombre de malades qui trouvent leur soulagement forme une liste digne de remplir une thèse de M.Diafoirus." Et Mr De Malafosse de poursuivre : "c'est que les habitants de ces deux villes, louant des chambres à ces buveurs et leur vendant des raisins, retirent un bénéfice assez considérable".

 

 

Son fils, David, militaire dans le Génie, reprit le flambeau et fait construire une tourelle étanche autour des dix points d'émergence naturelle avec au dessus le logement du gardien (qui a été reconstruite à l'identique aujourd'hui, après sa destruction par les crues du Tarn).  Il fait réaliser des analyses et commande une bouteille spéciale à bouchon de liège. Cette source est baptisée "DIVA", du nom de la fée gardienne de la source de la légende locale.

L'eau de Quézac "La Diva"

 

Fin 1901, l'eau de Quézac est reconnue par l'Académie de Médecine. Le Docteur COMMANDRE obtient donc l'autorisation d'exploitation pour trente ans...Nous savons par une lettre du maire de Quézac répondant à l'inspecteur de l'assistance et de l'hygiène publique de Mende, que les eaux étaient livrées en bouteilles, au détail, aux habitants du pays ou en bombonnes mais qu'il n' était pas fait d'expédition. La bouteille était alors vendue 0F05. 

Mr Saury, le propriétaire de la parcelle, s'occupait de mettre l'eau gazeuse dans les bouteilles, à l'époque en verre. Mais la première guerre mondiale interrompit brutalement l'exploitation. David Commandré dut rejoindre son régiment sur le front. Pendant toute la durée du conflit, la "Diva" fut oubliée.

Celui-ci décède en 1921 et son fils hérita de la source. Il n'eut jamais le temps de s'en occuper, surtout pas en 1929, l'année de la  fameuse crise économique. A tel point  qu' en 1931 l'autorisation trentenaire n'est pas renouvelée -et donc perdue.

Après des années d'abandon (son exploitation avait cessé depuis 1914), une tentative en 1946, par Mr Commandré de relancer l'exploitation, mais les sponsors n'étant pas nombreux à cette époque, le projet ne vit pas le jour. Puis en 1956, un groupement mendois décidèrent de reprendre l'affaire en main, et pendant 7 ans, tentèrent différentes démarches, vainement, et en 1963, ils cessèrent de s'intéresser à la source. L'année suivante, Mr Commandré décédait et c'est en 1994 que la société VITTEL s'intéresse à l'eau de Quézac.

Dans un petit livre intitulé "Lozère l'endormie", publié en 1941, le Dr Bouchard évoquait la source DIVA : "Dans le beau vallon d'Ispagnac, près des villages d'Ispagnac et de Quézac, sourd une eau minérale bicarbonatée, calcique, sodique, magnésienne et ferrugineuse, très anciennement connue et bienfaisante. C'est la source DIVA dont l'efficacité est grande dans les maladies de l'estomac (gastralgies et dyspepsies notamment), dans celles aussi du foie et de la rate (surtout lorsque ces organismes ont été atteints par le paludisme), dans certaines maladies de la vessie, ainsi que dans l'anémie et la chlorose. Ajoutons -ce qui ne gâte rien- que la source DIVA est une excellente eau de table, gazeuse et agréable."

Et le Dr Bouchard d'ajouter qu'il serait bon de "lancer ou de relancer médicalement et commercialement nos principales sources dont quelques unes sont remarquables."

BIEN DES LEGENDES ENTOURENT L'EAU DE QUEZAC !

Cette eau est considérée comme ayant des propriétés miraculeuses par les légendes entourant sa création. Ces mythes fascinants prenaient la place des explications rationnelles, et avaient également une symbolique forte liée aux bienfaits attribués à cette source.

Plusieurs récits destinés à faire rêver les enfants ont été recueillis par les gens du pays au fil du temps.

La première légende met en scène un géant, qui avait l'habitude de se reposer dans le vallon. Un jour, il entendit un chant mélodieux, une voix dont il n'arrivait pas à situer la provenance. Il se mit à chercher en vain et entra dans une colère noire, n'aimant pas être dérangé durant son sommeil. Cette fureur déclencha de très violents orages qui terrorisèrent les habitants du pays, ainsi que la jeune fille responsable du chant, qui se cacha derrière un bosquet, et s'endormit. Les orages cessèrent, le géant s'était calmé, et quand la jeune fille se réveilla, elle eut la surprise de découvrir une source qui coulait à côté d'elle. Les orages causés indirectement par sa voix avaient donc créé l'eau de Quézac.

On dit aussi qu'une fée protège la source accompagnée d'un jeune enfant. Un jour, un chasseur poursuivant une bête sauvage a été paralysé par la voix de la fée, et la remercia ensuite, s'étant rendu compte de l'inutilité de la violence, et de la beauté de la nature.

Certains prédisaient également, lors des périodes troubles de l'histoire que la source rejaillirait quand la paix et l'harmonie règneraient à nouveau dans la vallée. Ce qui indique que cette eau n'était pas facile à débusquer, sa trace se perdant quand le fil de la tradition était rompu. L'eau a donc un pouvoir apaisant, sa mélodie berce les hommes et les inspire.

Le récit le plus connu, car repris pour la promotion de l'eau minérale, est celui qui explique les vertus bienfaitrices de la source et non sa création : un bossu avait six filles et désirait un garçon. On lui conseilla de se rendre à la source et d'y puiser de l'eau durant sept jours et nuits. Ce qu'il fit mais l'enfant qu'attendait sa femme se révéla être une fille. Il revint heureux car il avait appris à se contenter et à se réjouir du hasard de la nature.

La réalité a aussi un côté impressionnant et féérique : la source vient en fait du mont Aigoual, et met selon les études scientifiques réalisées, de 30 à 40 ans pour rejaillir à Quézac, après s'être déposée dans les nappes et s'être chargée en gaz naturel (ce qui est rare en France). La veine souterraine coule en continu, mais le puits de forage actuel ne prélève que la quantité nécessaire à la production pour ne pas tarir la source.

 

L'eau de Quézac "La Diva"

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