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Au cœur de la Cévenne des Gardons : la vallée Française et le pays de Calberte

30 Août 2015 , Rédigé par Gite aveyron l'oustal de saint juéry Publié dans #LE PARC DES CEVENNES

Au cœur de la Cévenne des Gardons :   la vallée Française et le pays de Calberte

Lorsqu’on se rend en voiture  de Saint Jean du Gard à Florac par la route dite de la corniche des Cévennes, on aperçoit au nord en plans paysagers successifs tout un ordonnancement de sèrres et de valats caractéristiques du paysage cévenol. Si l’on prend le temps de s’arrêter dans quelques points où la vue est dégagée, on distingue, implantés dans des endroits bien exposés, un grand nombre d’habitations, mas ou hameaux dont les prés en bancèls, trouent la masse impressionnante de la châtaigneraie. C’et au cœur de cette Cévenne des gardons que se situent la vallée française et le pays  de Calberte, en 2 vallées confluentes du Gardon de Saint Croix et du Gardon de Saint Germain. 

Au cœur de la Cévenne des Gardons :   la vallée Française et le pays de Calberte

Pour aller au-delà de ce regard superficiel, il faut prendre  le temps d’emprunter les routes souvent très étroites qui descendent puis remontent le long des crêtes ou piquent au creux des vallons. On traversera alors, à mi-pente ou en fond de vallée, quelques bourgs, certains guère plus importants que des hameaux : Sainte Croix vallée française, Saint Etienne vallée française, Saint Germain de Calberte, Saint André de Lancize. Bien plus encore, on découvrira au détour du chemin d’autres maisons ou hameaux, témoin aujourd’hui d’une occupation autrefois très dense de l’espace. 

Au cœur de la Cévenne des Gardons :   la vallée Française et le pays de Calberte

C’est dans ces multiples replis des sèrres et valats que vit le pays réel, tournant le dos à des routes jadis installées par le pouvoir royal. Beaucoup de communes n’ont ici aucun noyau villageois vraiment marquant, Molézon, Moissac-Vallée-Française, Gabriac, Bassurels. Seuls Barre des Cévennes, dominant la vallée, autrefois célèbre pour ses foires, le Pompidou et Saint Romain de Tousques se sont développés sur des hauteurs, au bord des voies de communication. Les limites communales paraissent elles-mêmes se moquer de toute logique géographique, enjambant allègrement crêtes et ruisseaux, s’étendant même sur plusieurs vallées.

Au cœur de la Cévenne des Gardons :   la vallée Française et le pays de Calberte

Cet apparent défi à la géographie témoigne en réalité d’une organisation socio économique ancienne, centré sur le quartier rural. En effet, le quartier a constitué jusqu’au milieu de ce siècle, le premier niveau d’intégration sociale, celui de la plus forte interconnaissance, celui où souvent l’on trouvait époux ou épouse, où l’on s’entraidait pour les gros travaux, où se tissaient les relations les plus denses. En Cévennes, le quartier rural peut se définir comme l’espace que l’on est d’embrasser par le regard ou l’ouïe. Beaucoup d’écoles étaient installées dans les quartiers ruraux. La mise en valeur de l’espace porte encore la marque de cette géographie humaine si particulière. 

Au cœur de la Cévenne des Gardons :   la vallée Française et le pays de Calberte

Autour des habitations, les prés, les jardins potagers, les vergers, les vignes en treilles, mûriers et très rapidement les premiers châtaigniers constituent l’aménagement le plus intensif. Au-delà, les pentes sont couvertes par la châtaigneraie, jadis entretenue avec soin en verger, aujourd’hui revenue pour la plupart à l’état sauvage, tout au moins non cultivé. Sur les hauteurs s’étendent les landes, elle aussi de moins en moins parcourues par les troupeaux. Partout, de multiples aménagements, souvent en pierre sèche (murettes, beals, trencats, rascas, mines, réservoirs…) témoignent du travail considérable réalisé par les générations successives, afin de pouvoir vivre dans cette montagne soumise à des aléas climatiques parfois brutaux. Aménager la pente pour retenir la terre arable, maîtriser une eau tantôt trop rare, tantôt trop abondante, étaient ici les deux impératifs essentiels.  

Au cœur de la Cévenne des Gardons :   la vallée Française et le pays de Calberte

Pendant des siècles, la vie économique des Cévennes s’est ainsi organisée autour d’une agriculture pauvre, la châtaigne servant de nourriture de base aux hommes et aux animaux domestiques. Les moutons, chèvres, sans oublier l’indispensable cochon et le rucher. La vigne tenait un e place non négligeable. Pendant longtemps enfin, l’élevage des vers à soie permettait seul quelques rentrées en numéraire. Les filatures de Saint Croix vallée française, de Saint Etienne vallée française, de Saint Germain de Calberte employaient une main d ‘œuvre essentiellement féminine. 

Au cœur de la Cévenne des Gardons :   la vallée Française et le pays de Calberte

 Pour beaucoup de familles, les travaux saisonniers dans les régions voisines, moisson sur le Causse ou éducation des vers à soie dans la plaine jadis, vendanges également dans la plaine ou saisons de fauche sur le mont Lozère plus récemment, apportaient un complément de revenu indispensable.

Mais en définitive, les Cévennes restaient toujours un pays à l’agriculture difficile, où une grande partie des travaux, portage compris, était réalisée bien souvent sans l’aide d’animaux de trait ou de bât, à cause de la trop forte déclivité du terrain. On comprend alors que cette spécificité de l’agriculture et de l’économie des Cévennes soit, encore aujourd’hui, un élément très fortement vécu et revendiqué de l’identité cévenole.

Au cœur de la Cévenne des Gardons :   la vallée Française et le pays de Calberte

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