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Le pigeonnier du Mas de Roucouly au dessus de Millau

16 Juillet 2015 , Rédigé par Gite l'oustal de saint juéry Publié dans #LE SUD AVEYRON

Le pigeonnier du Mas de Roucouly au dessus de Millau

Il était une fois un pigeonnier

MILLAU (12) - PATRIMOINE. IL DOMINE FIÈREMENT LES CAUSSES DU HAUT DE SON HISTOIRE

C'est en 1977 que Pierre Marcilhac acquiert une imposante bâtisse au Mas-de-Recouly. «On me disait à l'époque que j'avais acheté le château», se souvient-il. Sauf que la maison de maître, toute lézardée, n'avait plus rien de son lustre d'antan. «On présume qu'elle a été rebâtie dans les années 1850 mais il n'existe que peu d'archives à ce sujet. On raconte qu'un industriel de l'époque voulait y loger sa dame de cœur». L'histoire veut aussi que l'homme fit de mauvaises affaires et partit sous des cieux meilleurs. La galante n'habita jamais la belle maison qui devint la proie des pilleurs , et victime d'un glissement de terrain, passa de main en main pour devenir finalement la propriété des Marchilac . Ceux-ci firent en même temps l'acquisition d'un pigeonnier dont l'état n'avait rien à envier à la bâtisse .

Tout de guet

Le couple qui avait assez de frais par ailleurs tente, sans trop y croire, d'obtenir des aides pour le retaper. «Les bâtiments privés n'étaient alors pas subventionnés. J'ai laissé courir», rapporte-t-il. Jusqu'en 2001 quand il va voir les Bâtiments de France avec sous le bras un des premiers projets du viaduc sur lequel figurait en bonne place et devant le futur ouvrage... le fameux pigeonnier. Et c'est ainsi que Pierre Marcilhac obtient le coup de pouce nécessaire à sa restauration.

«Il ne figure pas au cadastre et n'est même pas mentionné à l'ancien cadastre Napoléon, pourtant sérieux, qui recensait tous les repères. C'est incroyable, un monument emblématique comme celui-ci», s'étonne le Millavois. «On retrouve sa trace dans des écrits datés de 1488. Et puis plus rien...». Restent les présomptions d'experts selon lesquels le fameux pigeonnier pourrait avoir été une tour de gué ou un mausolée entre un oppidum voisin et le site de la Graufesenque. «On prétend qu'une voie romaine relierait les deux et qu'elle y dominait en bordure». L'autre débat porte sur l'hypothétique couverture de l'édifice. Pour les Bâtiments de France, il n'y a pas de doute, il y avait bien, autrefois, un toit de lauzes». Va pour une toiture, s'est alors dit Pierre Marcilhac, qui n'avait qu'une hantise: que son beau pigeonnier perde son harmonieux volume. Il n'en est rien. Il est superbe et fait la fierté, légitime, de ses propriétaires. Ce n'est pas pour rien qu'il vient de recevoir le troisième prix départemental du patrimoine, assorti de 1000€ et d'un : «Le jury a apprécié ce vrai sauvetage patrimonial que vous avez entrepris en vous entourant des conseils de professionnels du bâtiment afin de préserver au mieux l'authenticité de l'édifice».

Gladys Kichkoff

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