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Histoire du BEFFROI de Millau

30 Juillet 2015 , Rédigé par Gite l'oustal de saint juéry Publié dans #HISTOIRE EN AVEYRON

             Le Beffroi dont l’imposante silhouette donne à notre ville un aspect tout spécial, se compose de deux parties bien distinctes : la tour carrée, qui date de l’époque romane, et la tour octogonale, bâtie sur la précédente au XVII siècle. 

Histoire du BEFFROI de Millau

La Tour carrée

L’origine du Donjon, dit M. D. REY dans son travail sur les fortifications, est fort ancienne. L’archéologue ne pourra s’y tromper, car l’œuvre porte dans un style et dans ses formes son véritable acte de naissance. C’est en réalité un donjon roman, de la primitive époque, comme on en construisait alors dans le midi de la France. On peut, sans hésitation, le faire remonter au XI siècle, et peut-être même à une date antérieure.

 

Les premiers vicomtes de Millau et du Gévaudan avaient placé dans notre ville le siège de leur seigneurie, et le donjon constituait le réduit de la forteresse. Sous son abri étaient groupés la Cour de justice, le baillage et les principaux officiers. On ne peut douter que cette résidence ne fût protégée par une enceinte renforcée par des tours. Nous savons qu’au haut Moyen-Age la rue Droite portait le nom significatif de carreyra de la Torres, rue des Tours.

 

Mais sous les rois d’Aragon, héritiers de la Vicomté, cette résidence, devenue secondaire, fut naturellement délaissée. Les circonstances de cette sorte de désaffectation ne nous sont pas connues. Nous savons cependant, qu’en 1218, le donjon faisait encore partie du domaine royal.

 

Plus tard, mais avant la fin du XIII siècle, ces constructions furent amodiées ou infondées à des nobles, qui s’y sont établis.

En 1292, le donjon appartenait à la famille BERTRAND, la famille endettée vend en octobre 1347 la tour à la famille de VONCX dont une partie de la famille fut emportée par la peste noire le 09 juillet 1361.

Un acte du 4 avril 1382 nous apprend qu’à cette date le donjon appartenait à la famille PELLEGRI. Il restera dans cette famille, pendant plus de deux siècles. C’est en 1613 qu’elle le vendit à la ville de Millau, et depuis lors cet édifice n’a pas cessé de faire partie du domaine communal.

 

Le Donjon n’avait pas été placé au centre de la demeure seigneuriale, mais adossé intérieurement aux clôtures de l’enceinte, dont il protégeait l’angle Sud-Ouest. Il forme un carré parfait, dont les côtés ont 10m80. Le Donjon ne se défendait, dans sa parie inférieure, que par l’épaisseur des murs, qui est de 3m50. Cette épaisseur est réduire à 3m pour les étages. La hauteur totale est de 21m. La maçonnerie est formée d’un épais blocage de moellons, noyés dans un excellent mortier, et revêtue en parement par des pierres d’environ 0m35 de hauteur. Ces pierres sont du calcaire bleu du lias, prises dans les carrières de notre vallée.

 

A l’intérieur, la tour est divisée par trois étages de voûtes en berceau…

L’intérieur des salles, ne présente aucune espèce d’ornementation. Elles ont plutôt l’apparence de corps de garde. Les petits cabinets, pratiqués dans l’intérieur des murailles, et attenants à ces salles, servaient de chambre à coucher. Ils ont été convertis plus tard en cellules de prisonniers.

 

 

 

Histoire du BEFFROI de Millau

La tour octogonale

Faisant suite à l’écroulement en partie du clocher de Notre-Dame le 01 juin 1613 on fit aussitôt retiré la grande cloche qu’on plaça dans la Maison consulaire.

Sur ces entrefaites la famille Pellegri, offrit à la ville de lui vendre la Tour, ce qui fut accepté afin « d’avoir un clochier pour mettre la cloche et orologe, pour le contentement des habitants, afin que l’on put sçavoir et entendre les heures pour s’acheminer au Temple, tant le matin que le soir ».

La construction de la tour octogone fut confiée au sieur Jehan FARRIERES, et fut terminé en 1617 ; en 1619 se fit le «  coubert de la tieulisse de la galerye », qui s’élevait à 50m du sol.

Dix ans après, lors de la démolition du château de Millau, où se trouvait les prisons sigillaires, le bas de la tour Pellegry, fut utilisé comme prison.

 

Le 29 juillet 1811, la foudre tomba sur la flèche du Beffroi. Après trois jours d’incendie, la charpente et la partie supérieure du clocher s’écroulèrent, entrainant dans leur chute la cloche et l’horloge communale.

 

C’est donc de cette époque que date le couronnement actuel du Beffroi, qui n’a plus maintenant que 42 mètres. La cloche actuelle date de 1873.

 

C’est en 1825, que le Beffroi fut vidé de ses prisonniers. Le dernier habitant de la Tour fut Emile PUEL garde et sonneur du BEFFROI qui décéda en 1910.  

 

 

Tiré du livre   Millau à travers les siècles   de Jules Artières

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